Un pays de retard …

Je n’ai pas fini de vous raconter la Chine (ya encore 2 ou 3 choses que je voudrais vous narrer), et me voila deja au Vietnam alors que je viens de traverser une bonne partie du Laos !

Je vais essayer de prendre le temps de mettre tout ça à jour en arrivant à Hanoï, avant que mes parents n’arrivent, soit d’ici 4-5 jours. D’ici la il y a quelques photos dans la galerie. Et la réponse est « Oui, le Laos est aussi chouette que sur les photos, voire plus. »

Merci beaucoup a tous ceux qui m’ont proposé leur aide pour remplacer feu mon compteur, avec vos propositions de le prendre en charge, de m’offrir un cadeau de Noel en avance, de lancer une souscription publique, etc .. résultat un nouveau compteur est en route pour chez mes parents, qui me l’apporteront la semaine prochaine ! Je vous en donnerai des nouvelles quand il aura pris place sur sa nouvelle monture.

D’ici la, des bisous !

 

 

Au sud du Yunnan

Dans la jungle, terrible jungle …

Entre Kunming et la frontière laotienne, la nature change énormément ! On passe des rizières aux champs de bananes, du thé aux hévéas, pour les parties cultivées. Et pour la foret, ça ressemble de plus en plus a de la jungle. Des lianes, une végétations dense et impénétrable, des bruits d’oiseaux, d’insectes et d’animaux étranges (dont notamment l’oiseau qui chante comme une scie circulaire).

La même chose en plat et sans la pluie, ça aurait été parfait ! Le problème quand on a étudie la carte et le trajet après avoir franchi des montagnes, c’est que la suite parait plate. Sauf que même quand ça monte moins haut, ça monte quand même. Puis ça descend et ça remonte. Et on recommence. Pour un dénivellé franchi ressemblant aux périodes montagneuses.

Lorsque j’en ai eu plus qu’assez de la pluie je me suis offert une nuit d’hôtel comme il y en a partout en Chine, quasiment dans le moindre petit bled. En cherchant un peu, on fini toujours par trouver quelque chose de bien. Comme ici, chambre avec double lit double (parfait pour faire sécher les affaires sur le second lit) pour 40 yuans, 5 euros …

J’ai aussi pu faire la rencontre de Wej et Joakim, un couple suedo-thai parti de Goteborg pour rallier Bangkok, accompagnés pour 2 semaines de leur amie Greta. On pédalera ensemble en Chine une après midi puis un resto le soir, mais on se retrouvera par hasard plus tard au Laos pour plus d’aventures.

Wej et Joakim

Et en arrivant au Laos, tout change …

 

 

Kunming

Après une nuit de bus en provenance de Chengdu, j’arrive a Kunming, dans la province du Yunnan. Changement de province, changement de décors ! Des palmiers partout, des bambous géants, c’est vraiment la porte vers l’Asie du Sud-Est.

En revanche, en dehors de centre commerciaux (il y a notamment plusieurs magasins Carrefour a Kunming), il n’y a pas grand chose a faire en attendant que mon visa vietnamien soit prêt. Il y a bien le marché aux oiseaux, ou on trouve en fait quasiment toutes les espèces d’animaux possibles, et ou vend probablement beaucoup d’espèces protégées, mais c’est un peu tout ce qu’il y a a voir. Notamment, des araignées énormes, des serpents d’un peu toutes les tailles, des insectes, des escargots gigantesques, tortues, lézards, … mais euh … il va y avoir ça dans la nature maintenant quand je vais camper ?

Une fois mon visa prêt, la pluie a commencer a tomber … super … Je patiente quelques jours de plus a l’hostel, avant de m’élancer pour une semaine de pédalage avec un temps pourri, mais il faut que je me dirige vers la frontière pour quitter le pays a temps. L’amende lorsqu’on dépasse la date limite de son visa est salée.

 

 

Chengdu

Sur la place centrale, avec en arrière plan le ciel typique des villes chinoises: gris-particules

Après avoir traversé la campagne du Ganzu, j’arrive dans le Sichuan et me dirige vers sa préfecture, Chengdu. Changement d’ambiance assuré. Jusqu’ici la plus grosse ville que j’avais pu visiter était Xining et ses 2 millions d’habitants.  Chengdu fait partie de la vingtaine de villes chinoises de plus de 5 millions d’habitants, atteignant les 15 millions avec son agglomération (En dehors de ces mégalopoles -héhé, mégalomoi …-, il y a aussi presque 200 villes entre 1 et 5 millions d’habitants en Chine). 

Et dans les 300km autour de Chengdu, plusieurs autres villes « de banlieue » dépassant le million. Ce ne fut donc pas la partie la plus plaisante a vélo, mais c’est aussi impressionnant de traverser ces villes sans fin. 3 jours a pédaler en milieu urbain, heureusement il restait quelques zones pas encore construites (mais ça ne saurait tarder) entre ces villes pour passer la nuit.

Et les derniers 80km pour atteindre le centre ville et une guesthouse furent un peu éprouvants. Une journée à traverser des ensembles d’immeubles, des zones d’activité, a essayer de ne pas prendre les voies rapides, c’est le genre de ville qu’il est impossible de traverser a vélo en une journée. Et content d’enfin arriver au mix hostel, petit endroit relax caché dans le centre.

Mix Hostel

 

Suite au changement de programme et au rallongement du parcours qui a suivi, c’est a Chengdu que je prends un bus pour Kunming, après 2 nuits et quelques visites, balades, rencontres et pétage de bide, comme a chaque pause dans une grosse ville.

Par exemple le temple et monastère Wenshu, première vraie visite d’un vrai temple après les quelques ratés précédents.

J’aurai pu aller voir les pandas, c’est près de Chengdu que se trouve la base de recherche et de préservation de l’espèce, mais c’était vraiment pas donné (500 yuans, près de 70 euros). A la place j’ai préféré aller tester le hot-pot local avec 2 français et un allemand rencontrés a l’hostel. C’est une fondue super épicée dans laquelle on trempe et cuit un peu tout ce qu’on veut. Des classiques oeufs, légumes, morceaux de viandes aux moins classiques tripes, peau de poisson, poulpes entiers …

Les locaux au resto se sont bien marrés devant nos regards interrogatifs, regardant comment eux faisaient (mais comment ça peut bien marcher … Attend, le truc gluant la, c’est quoi ? Tu veux dire que ça aussi ça se mange ? ).

Et il fut rapidement l’heure de mon bus pour Kunming, une nouvelle nuit dans un bus-couchette ..

 

 

Difficultés materielles

Le mois d’octobre fut un mois noir du point de vue du matériel. C’est tout d’abord mon Kindle qui a décidé d’abandonner. Bon d’accord il a peut être pris un peut cher dans mon sac a dos, mais ce n’est pas une raison. L’écran a rendu l’âme, le cœur fendu en 2.

La partie du haut est figée. Je peux encore lire et tourner les pages sur la partie du bas mais Tolstoi en devient encore plus chiant a lire.

La même semaine, c’est mon réchaud qui a commencé a fuir par la valve ON/OFF. Un goutte a goutte d’essence qui sort par un endroit d’où rien n’est sensé sortir, ce qui fait chuter très rapidement la pression et rend la cuisine très pénible, a devoir pomper toutes les 30s pour maintenir la pression dans la bouteille d’essence.

Et 2 semaines plus tard, a la fin d’une semaine de pluie, c’est mon compteur qui a rendu l’âme. Supposé waterproof, une couche de buée s’est formée sur l’écran a l’intérieur. Couche de buée qui s’est ensuite transformée en couche d’eau. Et en une journée, l’affichage sur l’écran est devenu de plus en plus pale jusqu’à disparaitre. Je pensais au début que c’était la pile et qu’après l’avoir changé tout irait bien, mais ce ne fut pas le cas. Il semblerait bien que j’ai noyé mon compteur étanche.

Heureusement pour moi, mes parents viennent passer 2 semaines a Hanoï début décembre. En plus du plaisir de les retrouver, ça me permet de m’accaparer une partie du poids en soute auquel ils ont droit. J’ai donc commandé en ligne et fait livrer chez eux un nouveau kindle, et le fabricant de mon réchaud a accepté de remplacer ma pompe gratuitement (en l’envoyant chez mes parents également).

Pour le compteur pour le moment je fais sans. Ca change énormément la perception de la route, de l’effort et du temps pendant le pédalage, mais ce n’est pas non plus inhumain. Je rachèterai peut être un compteur de base (vitesse et kilométrage) mais ne m’offrirai probablement pas le remplacement du défunt, qui offrait beaucoup plus de fonctions (température, inclinaison, élévation, …).

Et de 6 …

Non pas 6 chiffres au compteur, mais 6 dizaines de kilomètres de dénivelé positif depuis le départ. Un peu sceptique au début devant la mesure du dénivelé positif de mon compteur, j’ai réalisé au Kirghizstan qu’il était finalement assez proche de la réalité. Et c’est également dans le Ganzu que j’ai franchi cette barre symbolique.

Ça correspond a hauteur de 200 tours Eiffel, 7 Everest ou 1/6000eme de la distance Terre Lune …

Ganzu

Suite au changement de trajet, ma route traverse maintenant la province du Ganzu. Au programme, de la petite montagne, de la campagne, des rivières, des chantiers pharaoniques, … Un itinéraire presque champêtre et rural, mais comme on est en Chine, même a la campagne il y a du monde partout.

Les vaches locales sont bien différentes des normandes

 J’ai eu beau changer de trajet pour éviter les cols a 4000m, je n’évite pas la petite chaîne de collines qui traverse la région. Une petite poignée de passages entres 2500m et 3000m en une semaine, mais beaucoup plus reposant que les contreforts du Tibet. En revanche, camper a 2700m a la mi octobre, il fait assez vite frais une fois que le soleil se cache.

La montagne, ça vous gagne

Une autre nouveauté pour moi sur ce tronçon fut de croiser quelques chantiers impressionnants, comme seule la Chine sait les mener. On ne compte pas le nombre de nouveaux autoroutes, lignes de trains a grande vitesse, villes entières ou immenses ouvrages d’art que le pays construit. J’avais déjà croisé des chantiers de construction/rénovation de routes, avec des chantiers présents sur des dizaines de kilomètres, mais la c’est une autre échelle.

Pour vous donner un ordre d’idée, la Chine construit chaque année autant de km de ligne de train a grande vitesse qu’il y en a en France, soit un peu moins de 5000km. Le tout avec les tunnels, ponts gigantesques et terrassements démesurés que ça implique.

En dessous et autour de ces chantiers, on trouve des petits villages ruraux, avec une ou 2 épiceries, quelques bétonneuses (oui, dans les villages aussi la croissance va bon train) et des paysans qui cultivent les alentours.

En aparté: La mécanisation de l’agriculture en Chine ne progresse que très lentement comparé aux autres secteurs. La faute au terrain qui est très accidenté et jamais plat. Tout terrain cultivable est cultivé, même les plus difficiles d’accès, mais en résulte des parcelles toutes petites, en pente, ou avec des formes bizarres. L’achat d’un tracteur pour travailler des parcelles de mais d’un mètre carré, ou en pente a 45 degrés se justifie difficilement. Quelques petits outils permettent de faciliter la tache (par exemple, le riz est souvent coupé avec une débroussailleuse de type rotofil.), mais une grosse partie du travail est encore faite a la main. Dans tout le pays. Les paysans apportent ensuite leurs récoltes dans les coopératives du village, ce qui permet de rentabiliser le camion qui va emmener la production aux industries agro alimentaires. C’est comme ça que le petit épi de mais qui a poussé avec 10 autres dans un coin de cour peut quand même être rentabilisé et vendu au prix du marché.

Après le Ganzu, le trajet m’a ensuite emmené vers Chengdu, préfecture du Sichuan, mais cette partie la était moins intéressante.

Au total, environ 1500km parcourus en une quinzaine de jours entre Xining et Chengdu.

Double changement de programme

De Xining, je comptais faire une ligne droite vers Kunming, dans le sud du pays. Le trajet était un peu trop long pour être fait en 18 jours (30jours de visa, -5jours pour le visa Vietnamiem a Kunming, -5 jours de Kunming a la frontière du Laos), et je voulais arrêter de devoir forcer le rythme comme dans le désert le mois précédent. Du coup mon idée était de prendre un bus pour m’avancer de 500km, et ensuite faire le reste du trajet a vélo.

Le trajet s’annonce montagneux, et de toute beauté !

C’est en voulant acheter mon ticket de bus quelques jours avant que j’ai realisé que ca  n’allait pas être possible: Un ticket de bus pendant la Golden Week, ça se réserve plus d’un mois avant, minimum.

Plan B: Partir à vélo de Xining, et prendre un bus pour m’avancer plus tard sur le trajet, ou pour l’arrivée a Kunming.

Depart de Xining. Francesco part dans une autre direction, mais on démarre ensemble de l’hostel.

Apres 2 jours dans les montagnes, je réalise que j’ai peut etre un peu idéalisé la suite du parcours. La montagne, ca vous gagne, mais une dizaine de cols a plus de 3500m, en octobre, c’est haut, et c’est froid ! Apres le premier gros col, j’envisage un changement de trajet.

Plan C: Au lieu de faire une ligne droite, je trace un arc un peu plus a l’Est. Le trajet est plus long, mais avec seulement une poignée de cols entre 2500m et 3000m. Du coup, je dévie ma route, et pars dans la direction du Ganzu, puis du Sichuan, et prendrais un bus de Chengdu a Kunming.

 

 

 

Fête nationale

Juste après avoir reçu mon nouveau visa Chinois, c’est la fête nationale ! Le 14 juillet chinois tombe le 1er octobre. Francesco et moi restons donc une nuit de plus a l’auberge de jeunesse pour voir si nous pouvons voir une parade militaire ou un feu d’artifice, mais tout ce que nous pourrons voir sera quelques pom-pom girls, des jets d’eau et surtout de la foule, des gens partout !

La fête nationale marque en effet le début de la « Golden Week ». Une semaine de congés pour tout le pays, ou presque (les transports, les magasins et tout ce qui tourne autour s des vacances tournent à plein régime, le reste du pays est a l’arrêt, dans les bouchons). Les migrants rentrent dans leurs familles, ca fait du shopping, des visites etc … Les critiques sur cette organisation des congés sont de plus en plus vives, et je les comprends, passer sa semaine de vacances dans un immense bouchon ou visiter la muraille de Chine en même temps que la moitie du pays, on peut imaginer plus reposant.