Malaisie

Apres être sorti de l’hôpital, j’ai roulé doucement vers le nord de la Malaisie.

Direction la frontière

 

Le douanier Thai insiste pour une photo a la frontière

 Une fois la frontière passée, le nord du pays n’a pas grand chose d’intéressant. Des champs a perte de vue, un seul truc amusant: les bâtiments a hirondelles. Je m’explique. Les nids d’hirondelles sont un délice pour les chinois, et se vendent donc le prix d’un bras (aucune idée du coût/prix réel, mais vu ce qu’ils mettent en place pour les récolter, ça doit être le prix d’un beau bras).

Ces bâtiments sont tout fermés, avec juste quelques micro ouvertures, et des hauts parleurs diffusent des cris d’hirondelles, j’imagine que ce sont les chants de la saison des amours. Autour et probablement a l’intérieur également, de l’eau croupie pour attirer les insectes. Du coup des centaines d’hirondelles volent autour de ces blocs de béton, et fond certainement leurs nids a l’intérieur, ou elles ne sont pas dérangées. Jusqu’à ce que le propriétaire du bâtiment vienne récolter les nids que les oiseaux ont patiemment construit.

Forcement, pour planter la tente, il faut trouver un endroit pas trop proche de ce genre de construction, sous peine de moustiques et de cris d’oiseaux sans arrêt. Donc, le nord de la Malaisie, pas super intéressant, jusqu’à mon arrivée sur l’île de Penang.

 

Le mercredi, c’est Malaisie

Et le jeudi, c’est Indonésie.
Je suis à Penang, en Malaisie, hébergé par Benoit, français expatrié ici. J’espérais attraper un bateau pour Sumatra, mais la concurrence des compagnies low cost a tué la rentabilité de la ligne de bateaux.
Je m’envole donc demain pour Medan, sur l’île de Sumatra. Un tout petit vol qui, avec le décalage horaire, me fait arriver avant d’être parti (je décolle à 11h20 et arrive à 11h10).
Pas d’ordi ni de cybercafé ici, donc vous attendrez pour les photos et un peu plus de nouvelles de ma semaine malaise (ma semaine en Malaisie, pas ma semaine maladie. La dengue est bien finie, j’ai roulé doucement quelques jours après l’hôpital, j’ai repris les 3kg que la nourriture d’hôpital m’avait fait perdre, bref tout va mieux).

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La vue de chez Benoît. Oui, la piscine fait partie de la résidence, et c'est mon programme pour cet après midi, après avoir préparé des lasagnes pour ce soir.

La vue de chez Benoît. Oui, la piscine fait partie de la résidence, et c’est mon programme pour cet après midi, après avoir fait de la maintenance de velo, lessive, nettoyage,  entretien du matériel et préparation/ emballage pour l’avion. Et préparé des lasagnes pour ce soir…

Update: On me signale dans l’oreillette qu’on dit une semaine malaysienne, et non une semaine malaise.

Et de 16 !

15001km affichés, la photo a deja 3 semaines

C’est maintenant plus de 16.000km qu’affiche mon compteur. Plus de 16.000km depuis le départ il y a 11 mois de Lyon (oui, là aussi il y a un chiffre rond qui approche).

Ce nouveau compteur initialisé à 12.500km à Hanoï mi-decembre a donc deja roulé un peu plus de 3500 km. Il est en pleine forme, tant mieux car il va encore avaler plusieurs fois ca d’ici la fin du périple.

Changement de programme

World-airline-routemap-2009

J’avais dans l’idée en préparant ce voyage de passer faire un petit tour par l’Australie, puisqu’une fois en Indonésie, j’étais du bon coté de la planète. Forcement, le pays est grand, et je visais a l’époque un trajet de Melbourne a Sydney, ou l’inverse, histoire d’avoir un aperçu des 2 plus grosses villes du pays, et 1500km entre les 2.

Depuis le départ, j’ai pu croiser des australiens, des PVTistes de retour ou en partance, et ainsi poser pas mal de questions et recueillir des avis. Ca fait donc plusieurs mois que je pesais le pour et le contre. 

Resultat, j’ai pris la décision de zapper l’Australie pour ce voyage. Ce n’est pas le pays idéal pour circuler à vélo, la vie est hors de prix lorsqu’on a pas un salaire australien (et je ne compte pas m’arrêter pour y travailler, même si c’est la dernière année ou je peux demander un WHV), je reviendrai donc un jour visiter le pays, mais pas a vélo.

 D’Indonesie, je passerai donc directement en Argentine. Pas de chance, je n’ai pas trouvé de compagnie qui volait dans « le bon sens », pour me permettre d’effectuer un vrai tour du monde. Je vole avec Turkish Airlines, et fait donc escale a Istanbul, ou j’étais il y a 9 mois de cela. 2 vols d’une quinzaine d’heures chacun, 3h d’escale en Turquie, je vais arriver frais et dispo a Buenos Aires …

J’ai pris mon billet lorsque j’étais à Bangkok, en prévoyant bien le temps de descendre la Thaïlande puis de visiter l’Indonésie. Décollage prévu le 8 avril de Jakarta. C’était sans compter une semaine immobilisé a l’hôpital. Il va maintenant falloir pédaler dur pour avoir le temps de profiter de l’Indonésie. C’est dommage, mais c’est la vie !

 

Petit contretemps

4jours après avoir quitté Koh Lanta, sur la route vers la frontière Malayse.

Reveil le mercredi matin, tout courbaturé. J’ai du dormir dans une mauvaise position, avec une racine dans le dos ou un truc comme ca. Et puis ma tête va exploser. Ca, plus la diarrhée qui a commencé hier soir, c’est pas la fête. 

En fin de matinée, rien n’a évolué, ces symptômes puent.

En début d’aprem, je rejoins tout doucement l’hôpital du coin pour vérifier si le palu ne se serait pas invité malgré les cachets.

« Ah, mon bon monsieur, il va falloir attendre encore quelques jours, si tôt après la déclaration des symptômes, on ne peut rien détecter dans le sang. Et puis c’est peut etre juste une intoxication alimentaire. Voila des medocs contre la diarrhée, contre la fièvre, et contre la déshydratation. Revenez vendredi. »

Bon, comme c’est pas la grande forme, et que je dois revenir la dans 2 jours, autant ne pas trop m’éloigner, je me trouve une petite foret d’heveas, plante ma tente et sors mon kindle en attendant. Je vous passe la couleur avec laquelle j’ai repeint la foret.

Vendredi matin, ca ne va pas vraiment mieux. Direction l’hôpital pour en savoir plus. Au triage, l’infirmière prend ma tension avec l’appareil électronique: Err7. On recommence: Err4. Elle sort l’appareil manuel, lit le résultat, et siffle un brancardier: « Lui, la, dans un fauteuil. Maintenant ! ». Quand les professionnels s’inquiètent, c’est que l’affaire est sérieuse. C’est donc en fauteuil roulant (pas le même modèle que celui sur lequel je voyage, il n’y a pas de pédales sur celui la) que j’arrive devant le médecin. « Bon, et bien on va vous faire une prise de sang ! ». 20min plus tard, le verdict tombe: C’est la dengue.

« On va vous garder quelques jours ». Au final ça sera 4 nuits. Perfusion dans le bras de la première a la dernière minute. Tension et température toutes les 2heures. Nourriture d’hôpital, juste dans la version thai. Prise de sang tous les matins.

Non, je ne suis pas en prison, juste a l'hopital

Non, je ne suis pas en prison, juste a l’hôpital

Le seul « point positif » est le fait que j’ai pu squatter une partie (seuls certains ports) du wifi de l’hôpital, sinon je serai probablement mort d’ennui avant que la dengue ne l’emporte. Enfin de toute façon j’ai surtout beaucoup dormi, ça m’a quand même bien cassé.

2h avant la sortie, la patate est deja en train de revenir

 Ce n’est qu’après un retour à la normale de la tension (au bout de 36h), et d’un retour de la température dans des valeurs saines (au bout de 3 jours) que le médecin a commencé a parler de rémission. « Si la température reste bonne, demain vous sortez. Vous resterez faible pendant encore une petite semaine, c’est normal, ne forcez pas. Et si ça reprend, consultez au plus vite. Idem si vous saignez ».

Me voila maintenant dehors, et c’est tout doucement que je roule vers la frontière malayse, pas question de prendre de risque.

Ce qui m’a le plus ennuyé, mis a part évidemment attraper une maladie potentiellement mortelle, c’est cette semaine de perdue. Comme j’ai déjà acheté mon billet d’avion au départ de Jakarta (cf article de demain), j’ai littéralement perdu une semaine de visite en Indonésie.

 

 

Koh Lanta

Qu’on ne me fasse pas dire que les candidats de l’émission de TV-poubelle avaient la vie dure entre les prises.

Sur la route vers la Malaisie, je fais une halte de 3 jours sur l’île bien connue des amateurs de TF1. Plage, soleil, bars, resorts, restos, l’île est un vaste Disneyland à touristes. Ce n’est probablement rien comparé a Phuket.

Enfin, c’était quand même bien de glander un peu. Mais c’était aussi bien de repartir. En bonus, de belles photos de coucher de soleil !

 

 

Le pont de la riviere Kwaï

Le pont de la rivière Kwaï qui, comme sont nom ne l’indique pas, n’enjambe pas la rivière Kwaï

En quittant Bangkok, je fais un petit détour de 150km pour passer voir le pont de la rivière Kwaï. Cependant, le pont (et donc le film) sont mal nommés. Et d’ailleurs, ici on dit Khwae, mais pour les touristes on tolère Kwaï.

La voie ferrée vers la Birmanie que les occupants japonais ont fait construire aux prisonniers de guerre (américains et hollandais principalement) et aux travailleurs chinois, vietnamiens et locaux sous des promesses de fortunes (ou de ratonnades en cas de refus) longe sur plusieurs dizaines de km la rivière Kwaï, le long d’une vallée poétiquement surnommée Hell Fire. C’est de la que vient l’association du nom et de la voie ferrée.

Les estimations tournent autour de 13.000 morts parmi les prisonniers de guerre et de 100.000 morts parmi les locaux. Les Japonais n’ont gardé aucune trace de ces morts. Les conditions décrites dans le film sont celles d’un camp de vacances comparées aux conditions réelles du camp de travail.

Revenons au pont, enfin, aux 2 ponts, ils en ont construit un en bois (disparu depuis longtemps) et un en pierre, toujours la, enjambent la rivière Mae Klong, dans laquelle se jette la rivière Kwaï quelques kilomètres plus loin.

Comme quoi une erreur dans le titre d’un film, même historique, importe peu, on continuera 60 ans plus tard de parler du pont sur la rivière Kwaï.

Et au passage, cocorico, le film est tiré d’une nouvelle française, par Pierre Boule, en 1952.