La creativite Turque ou le Nifennihafer

Comme j`aime mon boulot, même en vacances je suis un peu obsédée et donc je devais vous faire part de mes observations en matière de créativité turque!

Tout d`abord je dirais que la Turquie est un pays créatif malgré lui. Pour nous autres français l`approche creative peut y être tout a fait désarçonnante. Prenons le BTP par exemple. L`une de nos plus élégantes trouvailles est ce que j`appelle « la diversion kitsh ». Comme dans cet appartement flambant neuf dans lequel le peintre (?) a couvert les murs plafonds de paillettes dans le but de soustraire notre regard aux fuites qui rongent les murs (l`immeuble a déja 3 mois!) et de nous permettre de toujours voir le coté scintillant des choses.

 

 

 

 

 

 

 

 

En Turquie un ouvrier est invité a laisser sa signature gravée dans son oeuvre comme le peintre au bas du tableau, par exemple a la perceuse.

Afin de protéger plus longtemps les surfaces lisses et dans un souci certain d`esthetisme, il est aussi d`usage de laisser portes et fenêtres dans leur plastique de protection une fois posées. 

Ici un ascenseur Grunge Contemporain…

De leur cote, les travaux publics ne sont pas en reste. Rien de tel que de d4experimenter un prototype en situation réelle pour tester sa pertinence. Ainsi la route du bord de mer que nous avons longé pendant 600 km n`a manifestement pas bénéficie d`etude d`impact au préalable. Nul besoin. Elle a été déroulée au plus pres de la plage et c`est tout. A quoi aurait il servi d`anticiper la façon dont les habitants allaient pouvoir accéder a la mer, a la possibilité d`amenager la cote, d`eviter la pollution des déchets jettes depuis les voitures roulant furieusement sur la voie express? A quoi bon se poser les questions avant même que les problèmes ne surgissent pour de vrai? D`autant qu`il y aura toujours des solutions a envisager en cours de route: construire des ponts au-dessus de la route, des tunnels en-dessous, couper des morceaux de la barrière de sécurité pour faciliter la traversée des piétons en pleine voie, remblayer une partie de la cote pour y construire un truc qu`on avait pas planifié avant comme des maisons ou même un aéroport. Pour ce qui est des déchets vegetant sur les plages turques, j`y vois la comme une offrande a la nature et aux quelques cyclotouristes qui pourraient avoir besoin d`une bouteille a remplir ou d`un carton pour dormir.

La Turquie a ceci de créatif que partout elle laisse la place a la transformation, l`imagination et la reapporpriation. Elle nous rappelle l`impermanence des choses et la confiance inconditionnelle que nous devons avoir en la nature et l`ingeniosite des générations futures qui se demerderont toujours après ce que nous leur auront fait subir.

 

 

Les chiens aboient, la caravane (tré)passe

Paul m’a gentiment prêté sa plume afin que je puisse vous donner mon point de vue lorsque je suis en voyage avec lui. Du coup j’en profite pour livrer quelques anecdotes de coulisses.

Que je suis moins expérimentée que Paul a vélo ça on le savait donc j’attaque la première côte à 16% sur le petit plateau, à pied, à genoux, avec les dents, comme je peux. Après une première après-midi de côtes et de grosses côtes je suis dans les choux, mais ça va encore. Comme on est sur la côte on a un peu de mal à trouver un petit coin tranquille pour planter la tente puisque tout le monde est dehors à faire des barbecues en famille. Ca joue et ça chahute de partout, ça sent les vacances. Du coup après un premier plantage de tente repéré aussitôt, on reprend la route tandis que le soleil pointe du nez vers l’horizon. Et tout à coup, sortis de nul part – enfin plutôt d’un gros entrepôt- huit ou neuf kangals nous aboient dessus en descendant carrément sur la route pour courir à nos trousses. Mon champs de vision s’est vu réduit au minimum et je me rappelle juste avoir dit gentiment à Paul en le dépassant  »Oui ben moi j’ai peur quand même ». Je n´avais jamais roulé aussi vite de ma jeune vie de cycliste! Nous avons fini par trouver un coin tranquille pour poser la tente mais encore sous le coup des émotions de la journée j’ai sursauté au moindre bruit et on a fini de manger dans la tente. Ca s’était fait! Paul a été d’une patience d’ange malgré tous les doutes qui ont dû l’assaillir ce jour la quant á ma capacité de poursuivre le voyage. J’avoue que j’ai eu encore quelques trouilles de chiens en continuant de traverser quelques hordes de chiens errants mais grâce á Paul je peux maintenant rouler pénarde au beau milieu de chiens affamés, bavant et hurlant! Et j’en suis pas peu fière! 

En voyage c’est souvent un avantage d’être tous les deux différents . Quant mon imagination tourne à fond et que je me mets à avoir peur de mon ombre Paul me donne les explications rationnelles, quantifiables et logiques du phénomène, ce qui me rassure. Quant il veut passer tout droit coûte que coûte je lui montre que tout droit c’est parfois tout droit dans le mur et qu’on peut imaginer peut être d’autres itinéraires…