En cargo de Baku à Aktau

Cet article, en dehors de raconter ma traversée, se veut un coup de main aux cyclotouristes qui comptent également faire ce chemin. A force de glaner les infos ça et la, j’ai rassemblé des infos assez complètes sur le fonctionnement de la traversée, au grand plaisir des autres cyclotouristes croisés a Baku. Pour la partie visas, je vous laisse consulter l’article poste par Benjamin et Anne.

Tout d’abord, ce n’est pas un ferry qui fait la liaison, mais des cargos qui font la liaison de fret, transportant des wagons ou des camions dans un sens ou dans l’autre. Ils tolèrent des passagers pour rentabiliser un peu plus le voyage, mais nous ne sommes clairement pas prioritaires.

De plus, les cargos n’ont absolument pas d’horaires. Ils arrivent quand ils arrivent et partent quand ils sont dechargés puis rechargés. S’il y a un cargo mais pas de fret, alors il n’y a pas de cargo. Si la cargaison transporte des produits chimiques, alors ils n’acceptent pas de passagers.

Il y a 2 ports a Baku, l’ancien et le nouveau, et un cargo peut partir de l’un comme de l’autre, ne pas se tromper en partant vers le port ! Chaque port a un bureau pour les tickets passagers (ticket office), dont les horaires d’ouverture sont mystérieux.

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baku-aktau

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entree du vieux port: 40.376178, 49.865083
old port ticket office: 40.374487, 49.865611
entree du nouveau port (Roro port): 40.369162, 49.935268
Ticket office nouveau port: 40.362832, 49.934423
Migration office Aktau: 43.382070, 51.107310
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entree du vieux port

entree du vieux port


 


Lat 40.376178


 


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old port ticket office

old port ticket office


 


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entree du nouveau port (Roro port)

Entree du nouveau port (Roro Port)


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Ticket office nouveau port

ticket office nouveau port


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Migration office Aktau

Migration Office Aktau


lat 43.38207


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Afin de savoir quand il y a un cargo qui fait la traversée, l’idée est d’appeler chaque matin la dite Vika (Вика, en russe), qui parle anglais et qui est responsable des tickets passagers pour les 2 ports, mais qui n’est pas forcement dans les ticket office, pour ma part je ne l’ai jamais rencontrée. Mettre son numéro sur internet serait peut être une mauvaise idee (si elle change de numéro ça ne servira a rien). Je vais donc utiliser la bonne vieille ruse des départements français:

009-Val de Marne-Meuse-Drome-Hautes Pyrenees-Mayenne-Meurthe et Moselle

Pour les non francophones, vous pouvez me demander le numéro, mais le délai de réponse n’est pas garanti. Ou vous aider avec ca.

Il faut donc appeler Vika chaque matin, et lui demander si un cargo est prévu dans la journée. Ne pas oublier de préciser si vous avez un vélo, un véhicule ou autre. Et de demander de quel port le bateau part.

Le ticket coûte 90manats, le vélo est gratuit, la moto 20 de plus.

Et si un bateau est prévu, alors seulement vous pouvez venir acheter un ticket, dans le ticket office du bon port. Apres ca, la douane, l’attente du chargement du bateau, et enfin peut être vous pourrez monter a bord. Ou attendre encore un peu.

Une fois a bord, il faudra à nouveau faire preuve de beaucoup de patience. Le bateau ne partira pas forcement de suite. Si du mauvais temps est prévu, il attendra a l’ancre au large de Baku, que la météo soit plus clémente, avant de traverser la Caspienne (2 jours a 30 km de Baku dans mon cas). Idem, arrive au large d’Aktau, il faudra attendre qu’il y ait de la place au port pour pouvoir accoster. Puis que la douane inspecte le bateau, puis les passeports, avant de pouvoir descendre du bateau.

Beaucoup de patience au total, mais si on s’y attend, et qu’on a de quoi s’occuper, le trajet est plutôt agréable. Pour ma part beaucoup de lecture et de repos, un peu de couture .. Des français d’un voyage précédent ont décoré le sommier des lits superposés.

Ne pas oublier d’emmener de la nourriture pour le voyage, car les repas a bord ne sont absolument pas top. De la nourriture russe de marin, soupe, salade de haricots rouges, riz, pâtes, … pour un prix raisonnable (3manats) mais tout de même. Pas top.

Une fois débarqué a Aktau, douane et tout passés, ca y est, vous êtes au Kazakhstan. Le mieux est d’essayer de changer les manats azeri restant au port, car les banques ne les changent pas. Essayer de trouver des routiers qui attendent pour faire la traversée dans l’autre sens, et négocier le taux de change. Il y a un petit resto routier ou les chauffeurts tuent le temps au backgammon sur la droite avant la sortie du port. D’autres ont réussi a trouver un azeri en ville, mais il a pris une commission bien plus généreuse que celle des routiers.

L’étape suivante est de s’enregistrer a l’immigration (dans les 5 jours suivant l’entrée dans le pays) sous peine de devenir clandestin au Kazakhstan (au mieux une belle amende a la sortie du pays). Le bureau est situé en ville, et est ouvert en semaine aux horaires de bureau. On est sensé donner une adresse, mais donner le nom d’un hôtel suffit ici. Dans d’autres villes au Kazakhstan les officiers appelent l’hotel pour vérifier, pas ici. Si jamais c’était le cas, avoir un bobard de prêt.

Je suis venu directement a l’immigration avant d’aller a l’hôtel, j’avais réservé par email mais n’ai jamais reçu confirmation. par exemple.

Une fois que vous avez vos 2 tampons sur le formulaire, c’est tout bon, vous pouvez continuer vos aventures !

Soirées surprises

Apres cette soirée de l’ambassadeur, j’ai le plaisir de passer 2 autres bonnes soirées qui, elles aussi, sont apparues sur ma route de façon spontanée.

La première, alors que Tim, Rebecca et moi allions nous coucher un peu après minuit, dans les locaux de Nature Friends, une membre vient nous inviter a manger et boire avec sa famille. Sceptiques au début (avons nous bien compris ?), nous passons au final une bonne partie de la nuit a manger, boire, sans parler du karaoke kitsh auquel Tim et moi réussissons a échapper.

De Gauche a droite: La cousine, le pere, la mere, Rebecca, Misha (la membre de Nature Friends qui nous a invités), une amie, le frère, et moi

Nous rentrons au petit matin, du coup les locaux sont frais, mais la nuit sera courte car nous devons libérer les bureaux pendant la journée.

Le soir, nous retrouvons au restaurant d’autres cyclotouristes que les uns et les autres ont croisé ici et la et qui sont actuellement a Baku. D’un rdv informel a boire un verre entre 2 cyclos, chacun a proposé aux autres cyclos qui de son hostel, qui dans ses contacts emails, qui squatteur dans la même association. Nous sommes du coup une dizaine, 6 britanniques (2 couples et 2 solo), un couple de suisses, un allemand et moi. Ca n’arrête pas de défiler, la plupart roulent dans le même sens que moi, d’Ouest en Est, et Baku devient un passage oblige du fait de la fermeture de l’Iran pendant les élections. Les parcours avant et après Baku différent, certains repartent en avion vers d’autres pays, d’autres tentent le Turkmenistan, plusieurs prennent l’option Kazakhstan/Ouzbekistan puis Tadjikistan ou Kirghizistan en direction de la Chine.

J’ai la surprise de retrouver Mark et Klaire, dejra croises en Turquie.

J’apprendrais plus tard que la semaine suivante, le même type de rdv, au même endroit, a amené 15 autres cyclotouristes, tous différents de cette soirée.

 

Le mec en short

Alors que je repère les 2 ports pour prendre mes marques et localiser les différents bureaux a traverser pour pouvoir embarquer a travers la Caspienne, je fais la rencontre de Fred, cycliste français qui attend également de pouvoir traverser vers le Kazakhstan. Il s’est fait piquer son porte feuille, passeport et le reste 2 semaines plus tôt, et connaît donc bien le personnel de l’ambassade. Il m’apprend que le soir même sera donnée par l’ambassade la traditionnelle soirée du 14 juillet. On est le 15, mais c’est comme ça.

Fred, et son ex future conquete a qui il avait promis de l’emmener.

 

En tant que français de passage, pas besoin d’être sur la liste, il suffit de présenter son passeport.

Et c’est ainsi que je me suis retrouvé à être la seule personne en bermudas (mon seul pantalon est un pantalon pour l’hiver, impensable sous les températures Azerbaidjanaises), a une soirée tres chic. Un petit millier de personnes autour de la piscine d’un hôtel. Diplomates, expatriés, commerciaux de grosses boites françaises et étrangeres, l’équipe de France de football militaire, en uniforme (la coupe du monde de football militaire venait d’avoir lieu en Azerbaidjan. On a perdu.), et tout plein de gens, pour la plupart bien habillés. Merci infiniment a Tim, le britannique hébergé a Nature Friends de m’avoir prêté sa chemise !

J’ai mis des vraies chaussures a la place des tongs pour y aller

Ca parle anglais, français, azeri, russe. Apres un hymne azeri puis une marseillaise,  un discours de l’ambassadeur puis du ministère des affaires étrangères azeri, voila le moment que nous attendons tous: l’ouverture du buffet !!

Youhou, free food !


Le tout accompagné de Bordeaux supérieur


Un tout petit morceau de la table des fromages, sponsorisée par Président !

 Pas de photo des macarons Bleu Blanc Rouge, mais le buffet des desserts valait aussi le coup. Les voyageurs que Fred et moi sommes, et les sportifs que sont les footballeurs, nous avons bien mangé !

Encore une fois, une soirée un peu surréaliste, dont je n’avais aucune idée quelques heures plus tôt.

Et c’est le ventre plein à craquer que nous rentrons a pied vers la vieille ville, pour dormir a 6 six dans un grand bureau de l’association Nature Friends. Toutes les fenêtres sont ouvertes, pour ne pas perdre le moindre courant d’air, il fait encore 29 degrés a l’intérieur a 1h du matin. Tu attends le sommeil, allongé, dégoulinant de sueur, en espérant qu’il arrive vite…

A nouveau seul

L’avion d’Isa étant en fin de journée, nous quittons l’hôtel a midi pour libérer la chambre. Apres un petit repas en terrasse, nous partons en direction de l’aéroport, pour couvrir les 35km qui le sépare de la ville. Nous arrivons avec suffisamment de marge pour  pouvoir gérer le démontage du vélo et les desideratas du personnel de la compagnie, qui n’a rien a voir avec ce que la compagnie annonce sur son site concernant le transport des vélos.

Une fois enfin enregistrée, nous nous quittons après ces 6 semaines de route ensemble. Et je pars de mon coté camper dans un champ d’oliviers repéré a l’aller, a une dizaine de kilomètres de l’aéroport, avant que le soleil ne se couche.

Pour la suite de mon séjour a Baku, je dors dans les locaux d’une association de cyclistes, Nature Friends, avec d’autres cyclistes de passage, dans la même situation que moi. Un américain, un autre français, un irlandais et 2 anglais pour la première nuit, et uniquement les 2 anglais et moi pour la seconde, les 3 autres ayant pris le bateau pour la Kazakhstan dans la journée, alors que j’attends encore mon visa.

Baku

l’Azerbaïdjan a toujours eu du pétrole. D’abord exploité par les soviétiques, les entreprises occidentales sont arrivées au début des années 2000. Le temps que les investissements se concrétisent, l’or noir coule actuellement a flots, et l’argent associé change complètement la donne pour le pays. C’est a coups de projets pharaonesques que Bakou ambitionne de devenir un Dubai local.

Du coup le quartier historique est complètement rénové (parfois un peu trop, et du toc remplace l’ancien, ça fait carton pâte a certains endroits), la promenade du bord de mer et époustouflante, les immeubles fleurissent, et le centre ville est flambant neuf. Il y a aussi un coté cache misère, on sent que le boom est récent, il faut espérer pour le pays qu’il va continuer, car l’atterrissage sera difficile si l’argent arrête de couler !

Le résultat donne une ville plutôt étrange, je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle vaut le coup d’oeil, mais la visite est intéressante !

je conclus

Arrivée a Baku

C’est après avoir traversé l’Azerbaïdjan d’Ouest en Est que nous approchons de Bakou (orthographe française), Baku (orthographe anglaise, ბაქო (orthographe géorgienne), Баку (orthographe russe), Baki (orthographe azeri).

Nous avons eu chaud (quand le thermomètre atteint 42 en milieu de journée, il est temps de faire une pause), nous avons traversé des endroits assez désertiques (dans le sens ou il n’y a rien, pas encore dans le sens sables, dunes et dromadaires), des endroits qui en mettent plein la vue, et des endroits assez moches. En arrivant en vue de la capitale c’est la pétrole qui prend le dessus. Ca sens l’essence, il y a des tuyaux partout autour de la route, des usines chimiques jalonnent le chemin, au loin sur la mer, on aperçoit une multitude de plateformes pétrolières. Et ça commence a sentir le fric.

En Azerbaïdjan, 2 marques dominent largement le marché automobile: Lada et Mercedes, qui doivent a elles 2 se partager 60% du marché. C’est assez représentatif de l’écart de niveau de vie entre ceux qui touche de près ou de loin a l’argent du pétrole, et les autres.

Une lada, en très bon état.

Je constate que mon article n’a ni queue ni tête, ni lien avec le titre, et c’est tant pis !

Je conclus quand même sur notre arrivée a Bakou, nous passons 3 nuits dans un petit hôtel du centre ville, avant qu’Isabelle ne reprenne l’avion.

Le monde est petit, Rhône-Alpes aussi

Alors que l’après midi s’achève, et que nous sommes a la recherche d’un endroit sympa pour planter la tente, nous apercevons une cycliste fort bronzée qui roule dans l’autre sens. Et nous faisons la rencontre d’Elise, qui vient de … Villeurbanne.

Partie de Pékin en Mars, elle rentre en France pour reprendre son boulot après un congé sabbatique. Tres chouette rencontre, nous discutons une bonne heure au bord de la route. Elle nous raconte la Chine et le Kazakhstan (la suite de ma route), nous lui racontons la Géorgie, la Turquie et l’Europe de l’Est (la suite de sa route).

Camper au bord de la piste

Parfois, l’endroit choisi pour camper parait idéal, mais soudain tout change.

Les petits arbres au bord de la piste, loin de la grosse route, paraissaient prometteurs. Le petit canal d’irrigation qui les borde n’enlève rien au charme du lieu. Un chemin de terre ocre passe juste a coté, mais rien a l’horizon, si ce n’est quelques champs au loin ou travaillent encore quelques travailleurs. On aperçoit leur voiture et parfois quelques éclats de voix nous parviennent, ils passeront probablement sur la piste pour rentrer chez eux.

Nous décidons donc d’adopter l’endroit, plantons la tente, nous lavons et commençons a préparer à manger. Alors que le soleil commence a décliner sérieusement, la piste se tranforme soudain en autoroute !

Un troupeau de moutons, puis un troupeau de vaches, un second troupeau de mouton, un jeune ado avec ses 2 vaches, un vacher qui revient parce qu’il a oublié une vache, et un défilé de voitures (enfin, un défilé, façon de parler, elles se comptent sur les mains), dans les 2 sens, qui durera toute la soirée. Et même pendant la nuit quelques véhicules passeront, juste a coté de nous.

Du coup un très beau site, mais trop fréquenté pour être un bon site pour camper !