Retour du monde

 Vous avez pu constater que les mises à jour du blog ont changé de rythme depuis quelques mois. La dernière publication parle de Bolivie, il y a depuis eu le Pérou, l’Espagne, et un petit morceau de France. Non pas une fatigue du voyage de ma part, mais plutôt une difficulté croissante à profiter, voyager et raconter en même temps, trouver le temps et la motivation pour s’arrêter, réfléchir et écrire. Je pense que le blog sera bien plus actif dans les semaines suivant mon retour que ces derniers mois. Je vous raconterai alors les derniers pays traversés, posterai des revues de matériel ainsi que quelques pensées, analyses et commentaires sur mon voyage. Désolé pour l’absence de nouvelles ces derniers temps.

Reprenons. Après la Bolivie, j’ai pu traverser l’altiplano, grand plateau à 4000m d’altitude à cheval sur la Bolivie et le Pérou, puis retrouver la Cordillère des Andes coté péruvien. Un arrêt à Cuzco, puis la fin des Andes,  avec à nouveau des altitudes et des dénivelés peu communs. Ensuite est venue la grande descente vers l’océan pacifique et Nazca, puis la cote et son désert avant d’atteindre Lima. Le 22 septembre, un avion de Lima à Madrid, et je rentre depuis doucement vers Lyon. J’ai franchi la frontière franco-espagnole dans les Pyrénées le 30 septembre 2014, 18mois après mon départ de Lyon le 1er avril 2013.

Me voici donc actuellement dans l’Hérault, après des pauses chez des amis à Madrid, Pau, Toulouse, et ici Montpellier. Encore une étape à Valence cette semaine, avant d’arriver à Lyon samedi prochain, le 18 octobre. C’est agréable de rentrer doucement et de retrouver les copains au fur et à mesure, ça fait un sas entre le voyage et l’atterrissage qui ne manquera pas de secouer un peu à l’arrivée.

25 pays, un peu moins de 27.000km pédalés, 18 mois et 2 semaines et 4 jours (ça fait une moyenne de 2km/h), une belle aventure en train de se terminer.

Pour les lyonnais et les copains qui sont dans les parages et veulent obtenir un bisou d’un cycliste suant (offre non obligatoire, limitée à un par personne, non transférable, dans la limite des stocks disponibles), j’arriverai place des Terreaux ce samedi 18 octobre 2014 vers 16h. Et pour les copains, je ferai une petite soirée de retour dans la semaine qui suivra pour vous revoir, me remettre à jour dans les ragots, etc… Sans photos et diapos pour le moment, il va d’abord falloir que je trie tout ça.

En conclusion, difficile de boucler un tour du monde sans citer Orelsan …

Au fond j’crois qu’la terre est ronde,
Pour une seule bonne raison:
Après avoir fait l’tour du monde,
Tout c’qu’on veut c’est être à la maison.

Orelsan, La Terre Est Ronde

Le mec en short

Alors que je repère les 2 ports pour prendre mes marques et localiser les différents bureaux a traverser pour pouvoir embarquer a travers la Caspienne, je fais la rencontre de Fred, cycliste français qui attend également de pouvoir traverser vers le Kazakhstan. Il s’est fait piquer son porte feuille, passeport et le reste 2 semaines plus tôt, et connaît donc bien le personnel de l’ambassade. Il m’apprend que le soir même sera donnée par l’ambassade la traditionnelle soirée du 14 juillet. On est le 15, mais c’est comme ça.

Fred, et son ex future conquete a qui il avait promis de l’emmener.

 

En tant que français de passage, pas besoin d’être sur la liste, il suffit de présenter son passeport.

Et c’est ainsi que je me suis retrouvé à être la seule personne en bermudas (mon seul pantalon est un pantalon pour l’hiver, impensable sous les températures Azerbaidjanaises), a une soirée tres chic. Un petit millier de personnes autour de la piscine d’un hôtel. Diplomates, expatriés, commerciaux de grosses boites françaises et étrangeres, l’équipe de France de football militaire, en uniforme (la coupe du monde de football militaire venait d’avoir lieu en Azerbaidjan. On a perdu.), et tout plein de gens, pour la plupart bien habillés. Merci infiniment a Tim, le britannique hébergé a Nature Friends de m’avoir prêté sa chemise !

J’ai mis des vraies chaussures a la place des tongs pour y aller

Ca parle anglais, français, azeri, russe. Apres un hymne azeri puis une marseillaise,  un discours de l’ambassadeur puis du ministère des affaires étrangères azeri, voila le moment que nous attendons tous: l’ouverture du buffet !!

Youhou, free food !


Le tout accompagné de Bordeaux supérieur


Un tout petit morceau de la table des fromages, sponsorisée par Président !

 Pas de photo des macarons Bleu Blanc Rouge, mais le buffet des desserts valait aussi le coup. Les voyageurs que Fred et moi sommes, et les sportifs que sont les footballeurs, nous avons bien mangé !

Encore une fois, une soirée un peu surréaliste, dont je n’avais aucune idée quelques heures plus tôt.

Et c’est le ventre plein à craquer que nous rentrons a pied vers la vieille ville, pour dormir a 6 six dans un grand bureau de l’association Nature Friends. Toutes les fenêtres sont ouvertes, pour ne pas perdre le moindre courant d’air, il fait encore 29 degrés a l’intérieur a 1h du matin. Tu attends le sommeil, allongé, dégoulinant de sueur, en espérant qu’il arrive vite…

Passer les Alpes à vélo

Jeudi 4 avril:

L’eau est restée dehors de la tente cette nuit. Elle est pleine de glaçons ce matin … On a beaucoup de chance sur la météo jusqu’ici, il fait super beau, alors qu’on était sensés avoir de la pluie. Bon elle est quand même annoncée pour cet après midi, pendant la montée vers le col de la frontière. Dans la matinée on rejoint Barcelonette, ou le bas de u col, même si on a fait du faux plat montant et des cotes toute la matinée. On part en début d’après midi à l’assaut de la montagne, et vers 15h, quelques gouttes commencent à tomber, avec un peu de vent. On continue à monter, pendant que les gouttes se transforment en neige fondue, et que le vent devient gênant.

Après une pause au chaud dans la boulangerie/bar/tabac/restaurant/souvenirs/épicerie de Meyronnes, on repart pour les 10 derniers kilomètres avant le col. Ca ne grimpe pas trop, donc on monte doucement mais confiants. En revanche le vent devient de plus en plus cinglant, et la neige/grêle  force à plisser les yeux pour voir où on va. Bref, petit à petit, on est bien dans une tempête de neige. On arrivera au col assez refroidis, contents, mais sans s’éterniser après la photo.

somment

Il faut encore qu’on trouve un endroit où dormir, et 19h approche à grands pas. Il neige, nous avons froid. On commence la redescente avec les doigts gelés braqués sur les freins, en espérant trouver un accueil abrité, car aucun de nous ne se voit dormir sous tente ce soir, avec le vent, le froid et la neige.

Le premier village est désert. Les maisons sont abandonnées et barricadées. On finit par trouver la seule âme qui vive du village, un petit papi qui ne préfère pas nous abriter pour la nuit. Il nous indique en revanche le village suivant, à 3km, où nous trouverons notre sauveuse.

Quand elle nous a vu entrer dans son café et nous jeter sur le poêle pour nous réchauffer, elle a tout de suite cherché à nous trouver un toit  pour la nuit. Au final, elle nous accueillera dans son restaurant, où nous avons dormi entre les tables. Elle nous aura servi à manger, à boire, et même le café au matin avant de repartir. Bref, une médaille spéciale pour le Polar Cafe, à Bersezio, et sa tenancière que nous appellerons Mamité.

Le Polar Cafe, à recommander meme quand on est congelé

Le Polar Cafe, à recommander meme quand on est congelé

 

 

 

Première jeanculade, et premières cotes

Mardi 2 avril: Deuxième jour de voyage, et première jeanculade, ou connerie de ma part. En quittant l’appartement d’Emmanuel, je claque la porte trop vite, en ayant laissé mon drapeau à l’intérieur. Je nous fait perdre une heure au décollage pour aller rechercher les clés au boulot de Manus, revenir à l’appart, rapporter les clés … bref, que du plaisir.

On quitte Grenoble comme on a quitté Lyon, pas fachés de laisser l’agglomération dernière nous. On affrontera aussi en sortie de Vizille la cote la plus dure qu’on aura à franchir, reste des Alpes inclu: 6km, à 12%. On en sue, on s’arrête 2 fois pour boire et reposer le coeur qui s’emballe, mais ça passe.

On restera sur la route Napoléon jusqu’à Gap, en faisant d’abord étape pour la nuit à la Salle en Beaumont. Le lendemain, premier col, celui de Bayard, 1249m, avant une très grosse descente sur Gap. A vélo, les descentes sont assez frustrantes, voire souvent de mauvaise augure: si ça descend, c’est forcement pour le remonter tôt ou tard. Ca n’aurait pas été plus simple de rester plat ? Bref, le cycliste jamais content de son sort …

12%

On remonte ensuite vers le barrage de Serre Ponçon, on dort à la Bréole juste au dessus, en direction de Barcelonette, pour franchir le col le lendemain.

Première semaine

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Quelques instants avant le départ

Premier jour, le coeur un peu serré, départ de chez Pauline, qui m’a accompagné toute cette première semaine. Surprise ! Pleins de copains sont venus prendre le petit déjeuner et me faire une holà d’au revoir. D’ailleurs, à vous qui étiez là, pourriez vous m’envoyer les photos que vous avez prises ? Je n’ai que la vidéo de ce moment là, avec un point de vue unique. Deuxième surprise ! Mon vélo est décoré de poissons, car nous sommes le premier avril.

poissons de départ

poissons de départ

 

poisson d'appui tete

poisson d’appui tete

Le coeur un peu serré, donc, un dernier au revoir à chacun, et c’est parti pour les premiers coups de pédales. La sortie de Lyon se passe comme on pouvait s’y attendre, de la banlieue moche et pas très agréable à vélo. La campagne arrive au bout d’une trentaine de kilomètres.

Le but de la journée est d’atteindre Grenoble, où Manus nous a preté les clés de son appart, qu’il passera reprendre le lendemain matin. Une belle étape de 123km, ce qui est un peu beaucoup pour la première journée, mais comme on dort au chaud le soir, on peut arriver juste avant la nuit sans souci.

Pendant la journée, les montagnes enneigées commencent à apparaitre au loin, c’est assez magique de se dire qu’on va les traverser. La nature bourgeonne, les rapaces tournoient, et nous avançons, pour faire les derniers 20km avant Grenoble sur une piste cyclable.

Première réparation/entretien le soir en arrivant, la potence avait un peu de jeu, mieux vaut prévenir que guérir. Et en réparant, j’ai pu voir que la manivelle avait besoin d’etre ressérée. Il va falloir que je sois vigilant sur le vélo pour éviter les mauvaise surprises.

La suite de la semaine sera publiée automatiquement au fur et à mesure de la semaine, mais, spoiler alert: je suis à Cunéo, Italie, et les Alpes se sont bien passées. Pauline est repartie en France ce matin, et je vais faire une pause d’un jour ou 2 à Cunéo avant de repartir pour traverser l’Italie.

Le sommet - la frontière

Le sommet – la frontière

 

Deuxième étape

Juste un petit coucou rapide de Salle en Beaumont, après cette deuxième journée qui nous a fait attaquer la montagne. Il est a présent certain que Napoléon n’était pas en vélo lorsqu’il a construit sa route entre Grenoble et Gap.
Plus de nouvelles, plus complètes, sur ces premiers jours quand je m’arrêterai dans un cyber ou devant un ordi.

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Sur la ligne de départ

Ça y est, le grand jour est arrivé ! Tout ce temps passé à imaginer ce moment, à préparer ce projet, à en rêver, et l’espérer, et il est là. J’y suis enfin. Maintenant il n’y à plus qu’à.

Merci à vous tous qui m’avez accompagné et soutenu jusqu’ici, ma chérie, ma famille, mes amis et tous les autres. Merci également à tous ceux qui étaient là samedi soir pour ma petite fête de départ, j’ai passé une très bonne soirée, grâce à vous. Note pour ma prochaine fête de départ en tour du monde: ne pas attendre trop tard pour faire un discours.

La sensation est étrange et bizarre, joie, appréhension, trac, envie et papillons dans l’estomac. J’ai connu des nuits où j’ai mieux dormi, je me doutais bien que ce serai le cas. Dernière douche chaude avant … on verra, petit déjeuner de champion, lavage de dents, je m’avance vers la ligne de départ.

Et là surprise, tout plein de copains sont venu prendre le café chez Pauline, qui part avec moi pour la première semaine, et où mon vélo m’attend. Un dernier coucou, un dernier bisou, et on s’élance sur les premiers coups de pédales.
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Et maintenant, c’est parti !!

Making of: ce petit billet est posté de Bourgoin Jallieu, où nous pic niquons, depuis mon téléphone, pendant qu’il a encore du réseau.