Un vol sans fin

 

2 avions (tout le trajet fut sur Turkish Airlines, Jakarta-Istanbul et Istanbul-Buenos Aires), 4 décollages et 4 atterrissages, 5 aéroports (Jakarta-Singapour-Instanbul-Sao Paulo-Buenos Aires), plus de 30h dans les airs, sans surprise, ce fut long, monotone, déphasant, fatiguant. Ce n´est pas la même chose de lire la durée sur le billet, et de la vivre concrètement. Mais c´etait le prix a payer pour changer de continent (en plus du prix du billet évidemment). 

Le premier avion du voyage, entre la Malaisie et l´Indonesie il y a un mois avait pu servir de répétition. J´etais arrivé a vélo a l´aeroport 2h30 avant le vol, et avais du au final me dépêcher après avoir enfin enregistré le vélo et les bagages pour rejoindre l´embarquement. Cette fois, je suis arrivé 6h avant l´embarquement, pour avoir bien le temps de démonter et emballer le vélo, manger un morceau, et arriver frais et dispo dans l´avion, ou presque.

Pour que le vélo soit accepté en soute, toutes les compagnies imposent de:

  • Degonfler les pneus (pour éviter qu´ils n´explosent avec les changements de pression dans la soute)
  • Demonter les pédales
  • Mettre le guidon dans l´axe du cadre

Pour diminuer l´encombrement de mon vélo couché, qui prend plus de place qu´un vélo droit, je retire en plus le siège, et règle la longueur des jambes au minimum en rentrant la bôme dans le cadre (l´espacement entre le siège et le pédalier est réglable sur le velo, pour s´adapter a la taille du cycliste). Ensuite, je fais emballer le tout sur les machines a cellophane de l´aeroport.

Et comme j´ai 4 sacoches de vélo, plus le casque et le siège, mais n´ai le droit qu´a 2 bagages, j´ai acheté avant des sacs (vides) de riz de 50kg, que j´ai ensuite cousu fermement pour les fermer et éviter qu´ils ne s´ouvrent ou que qu´un bagagiste indélicat ne soit tenté.

Malgré tout ça, devant l´encombrement du vélo, et malgré la politique de Turkish Airlines inscrite en toutes lettres sur leur site qui assure le transport des « vélos et objets assimilables à des vélos », ils m´ont fait signer un document disant qu´ils n´etaient pas responsables si le vélo arrivait en retard et/ou abîmé. Le document indiquait a la base qu´ils n´etaient pas responsable s´il etait perdu, mais devant mon refus de le signer, ils ont retiré la mention. J´ai du coup passé tout le voyage en pensant qu´il etait peu probable que le vélo ne soit présent a l´arrivee, et qu´il allait falloir que je l´attende a Buenos Aires. Mais bonne surprise, le vélo m´attendait a coté du tapis roulant des bagages quand je suis enfin arrivé a destination.

Dans les avions, pour que les passagers ne soient pas trop insupportables, Turkish Airlines fourni le divertissement. Les écrans assez bien pensés fournissent un bon choix de films, récents et classiques, musique de toute sorte, petits jeux (on peut jouer aux échecs contre d´autres passagers, chacun devant son écran), la carte et les infos sur l´avancement de l´avion. Je n´avais jamais volé aussi longtemps, et ce fut une bonne surprise. 

 De même, je m´attendais à de la nourriture fade de type hôpital, mais finalement ce fut une presque savoureuse surprise, des plateaux repas plus que décents. Et en plus, des snacks a volonté entre les repas, ce que mon estomac de cycliste habitué á beaucoup manger a apprécié.

En revanche, les compagnies pourraient faire un effort sur le recyclage, il y a probablement autant de plastique jeté que de nourriture sur le plateau … Mais bon, quand on rejette tant de tonnes de CO2 et autres dans l´atmosphere en brûlant des dizaines de tonnes de pétrole, on n´est surement pas a ca près …

Dans le deuxième avion, un autre cycliste, Gunnar, norvégien, la soixantaine, vient lui aussi pédaler quelques mois en Amérique du Sud. Pas de bol, un sac attaché a son vélo a disparu quelque part sur le trajet. Et il contenait les pédales … c´est moins pratique pour pédaler de l´aeroport au centre ville ensuite …

Atterrissage a 23h heure locale, et nuit a l´aeroport avec Gunnar pour pédaler une fois le jour levé

Et pour que je ne sente pas trop dépaysé en arrivant, l´Argentine est bloquée par une grève nationale très suivie qui a commencé a minuit, une heure après mon atterrissage. Pas de bus navette pour rejoindre le centre ville (Gunnar a du prendre un taxi pour aller chercher un magasin de vélo et de nouvelles pédales), pas de nettoyage ni de wifi a l´aeroport, la moitié des vols nationaux annulés, …

Le centre ville est désert, pas de bus, très peu de taxis, la plupart des commerces fermés en soutien a la grève ou faute de clients, plein de gens a vélo… L´ideal pour le cycliste, je n´ai decouvert le « vrai » Buenos Aires que le lendemain.

Jakarta

A Jakarta, j´ai eu le plaisir d´etre hebergé par Mierza, couchsurfeur local. 

Mierza (au milieu) and friends

Mon age, consultant en finance islamique depuis peu, futur marié (et du coup plein de questions sur le « french love »), ce fut une belle rencontre. Tres content de m´avoir chez lui, après m´avoir presenté a ses amis, il m´a baladé et montré sa vie de jeune actif Jakartien de classe moyenne+.

Ca qui signifie beaucoup de temps en voiture dans les bouchons. Jakarta doit être la ville la plus encombrée que j´ai visitee depuis le départ de France. Une fréquentation élevée des nombreux malls (centres commerciaux) flambants neufs de la capitale, pour tout prétexte (resto, ciné, courses, spectacle/culture/détente/…). Quasiment toute sortie a Jakarta se déroule dans un mall, c´est impressiant. Et il y en a partout, gigantesques (bien plus grands que la PartDieu a Lyon par exemple), bondés, …

Il faut bien fournir une offre a cette nouvelle classe moyenne qui a soudain les moyens de profiter de la société de consommation.

La skyline du centre d´affaires

Dans un de ces malls, on a pu assister (gratuitement) a un spectacle de danse/musique/théâtre d´une autre région d´Indonesie (Padang). Pleins de couleurs, des percussions sur des  espèces de « vases » métalliques, des danses autour du Silat (art martial indonésien)..

 

On est aussi allé voir The Raid2 au cinéma, film d´action indonesien, évidemment en basaha non sous titré. Le premier opus avait eu un bon accueil international, et je l´avais vu quand il était sorti. Le second venant de sortir sur les toiles indonésiennes (et sur les affiches de tout Jakarta, ca changeait un peu des pubs pour le tabac et pour les candidats aux législatives), Mierza a tenu a m´y emmener quand il a su que j´avais vu le premier. Heureusement peu de dialogues et beaucoup d´action (a nouveau du silat), j´ai pu comprendre ce qui se passait assez facilement ..

Tres peu de visites touristiques, mais c´est pas forcement plus mal, je préfère voir la vie locale de l´interieur plutot qu´une representation figée et idéalisée pour les touristes. Juste un petit tour par le monument national, l´equivalent local de l´Arc de triomphe (mais en forme d´obelisque).

 

Du coup, une belle rencontre et un bon moment passé dans la capitale indonésienne, de laquelle j´ai decollé mardi 8 (veille des elections legislatives pour tout le pays) pour le troisième continent du voyage: l´Amerique du Sud, en commençant par Buenos Aires.

L’usure du materiel

 Au bout d’un an de voyage, une partie du matériel commence à montrer des signes de faiblesse. J’ai l’impression de faire de plus en plus de maintenance et de réparation, et je serre les fesses prie pour que certaines choses tiennent jusqu’au bout du voyage.

Concernant les vêtements, après les 2 premiers bermudas décédés en Chine, un troisième a lâché exactement de la même façon. Malgré une première réparation, le tissu a re lâché juste a coté de la couture.

 Du coté du vélo, en dehors de l’usure et de l’entretien standards (changement des patins de freins, graissage de la chaîne, réglage du dérailleur, reserrage des differents boulons, … tous les quelques milliers de kilomètres), certaines pièces commencent à montrer des signes d’usure. J’ai par exemple du « patcher » le tube de chaîne qui vient parfois toucher le pneu arrière. J’ai simplement collé un morceau de tuyau d’arrosage sur le trou qui montrait la chaîne a la manière d’une fracture ouverte.

Comme je vous l’ai raconté hier, mon appui tête qui servait surtout a tenir le sac a dos sur le porte bagage est décédé, et remplacé par une boucle de corde sur laquelle je mousquetonne ledit sac a dos. Du grand art comme vous pouvez le voir.

Le tapis de sol de la tente n’a pas subit de nouveau trou depuis le Cambodge, il est désormais patché avec de la bâche en plastique.

La toile de la chambre comporte désormais 4 « rustines » en rideau anti moustique, des petits trous causés par la fermeture éclair qui vient se coincer dans le tissu, ou pat des épines de ronces au moment du pliage.

Le double toit montre également des signes de faiblesse avec des micro trous qui apparaissent le long des coutures, provoquant des -petites- fuites pendant les grosses averses. Pas de drame jusqu’a present, simplement des gouttes deplaisantes

Il y a aussi les chaussures qui montrent des signes d’usure et la semelle qui se decolle un peu sur les cotés (recollée au neoprene), les griffures sur les sacoches, la gamelle qui se cabosse, sans parler du matelas auto dégonflant que je n’ai pas encore remplacé depuis l’épisode de la fourmi

J’espere que le matériel important arrivera au bout du voyage, mais il est clair qu’une partie ne repartira pas en long périple. La plupart de ces réparations est causée par l’usure normale de l’equipement, une partie par des inattentions de ma part (les trous dans la chambre de la tente par exemple), et d’autres par une usure prématurée du matériel, que j’espère réussir a faire comprendre au(x) fabricant(s).

 

1an deja !

Mardi dernier, le premier avril, a marqué l’anniversaire de mon départ de Lyon. Un an deja ! Le lundi de Paques 2013 je quittais le 3eme arrondissement de Lyon a vélo. Plein de copains rassemblés par surprise pour me voir partir, accompagné d’une amie Pauline pour la première semaine. A propos, a tous ceux qui étaient la, je n’ai reçu aucune de vos photos prises ce matin la ! Je vous ai en vidéo a jouer les paparrazzis, donc j’ai des noms, si vous avez encore les photos et pouviez me les envoyer ca serait sympa.

Un an, ça passe vite et doucement a la fois. L’impression d’être parti avant hier et il y a plusieurs vies en même temps. D’etre toujours lié a la France et de rentrer bientôt (d’ici 6 petits mois seulement), mais aussi d’avoir vécu énormément de différentes expériences et d’avoir encore plein de découvertes a faire. Evidemment, malgré quelques moments moins faciles, ce fut une année remplie de positif.

Pour marquer le coup, j’ai voulu célébrer ça et me faire un repas un peu plus garni que d’habitude, et l’arroser d’une bière, c’était sans compter sur le fait que j’étais passé de Sumatra a Java. Si des zones chrétiennes existent sur Sumatra, et on peut donc y trouver de la bière dans les supermarchés, Java Ouest est quasiment uniquement musulmane, et donc en dehors des zones touristiques, pas de bières. Damn ! Elle a du attendre mon arrivée a Jakarta.

Sprite, chips, noodles et goreng !

Le goreng, littéralement « friture », c’est donc des beignets qui viennent avec plein de saveurs différentes (oeuf, banane, légumes, cahuetes, papaye, tofu, ….) qu’on accompagne de piments.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Apres avoir roulé jusqu’en début d’après midi, et acheté de quoi me faire ce petit repas de célébration (pas de bougies, je me suis contenté de souffler sur le serpentin anti moustique qui ne marche pas vraiment contre les moustiques, et pas du tout contre le reste des insectes.), j’ai trouvé un  endroit sympa en bord de rivière, a l’ombre, et fait une bonne pause de milieu d’aprem pour laisser passer la chaleur. Ca aurait été un bon coin pour camper aussi, mais vers 16h, je me suis dit que l’allais continuer et voir plus loin ce qu’il en etait …

Forcement, l’erreur, je me suis retrouvé sur une route tres (tres) mauvaise. Avec des villages et des rizieres tout le long (donc pas de camping possible). A cause des nids de poules sans fin, pas spécialement ceux du jour mais l’accumulation a fait que l’appui tête a fini par lâcher. Non pas qu’il me servait beaucoup pour appuyer ma tête, mais il maintenait mon sac a dos sur le porte bagage. Et Crac. Le remplacement est beaucoup plus basique, maintient le sac mais pas la tête.

 

Une bande de ralentissement, sur une route dans cet état, sérieusement ? 

 

Ce n’est qu’avec la tombée de la nuit que je me suis trouvé un petit bout de champ pas inondé pour planter la tente, et enfin profiter de mon petit repas de fête. Donc finalement, en dehors de la portée symbolique de l’anniversaire, une journée pas si marquante, voire un peu frustrante, sans non plus être une mauvaise journée évidemment.

18h, coucher de soleil.

Arrivée sur Java

Apres ce trajet en bus et les réparations qui ont suivi, j’ai longé la cote pour rejoindre la pointe sud de Sumatra et m’approcher du ferry qui mène vers Java. Le lendemain matin, après avoir franchi les derniers kilomètres, me voila pret a changer d’île.

Ca commence par une arrêt et fouille d’une partie des sacoches (pourquoi seulement une partie ?) par une équipe de cow-boys la police anti drogues. Ayant réussi a me mettre de mauvaise humeur, le prix du billet me redonnera le sourire: 21.000 roupies, soit moins d’un euro et demi.

Dans le bateau, beaucoup de piétons, de scooters, et quelques camions et voitures.

Un peu plus de 2h de navigation tranquille (et une grosse vingtaine de km) plus tard, me voila sur l’île de Java, ou se trouve Jakarta, capitale de l’Indonésie. Et qui dit île principale, dit bouchons ! Mes 2 premiers jours sur l’île ont été marqués par des bouchons des le milieu de l’après midi. Ca double à droite et a gauche, ça bloque la file dans l’autre sens, du grand n’importe quoi, j’étais bien content de m’en extraire a vélo. Depuis je suis sur des toutes petites routes dans la campagne profonde et ça va mieux.

Avant de filer sur Jakarta j’ai voulu voir un peu comment était Java, mais la première journée fut décevante. Dimanche après midi, les locaux qui ont passé le week end sur la cote rentrent chez eux (d’où les bouchons), et la cote n’est qu’une enfilade d’établissements privés, hôtels et restaurants qui donnent sur la mer. Je me suis quand même offert un café sur un de ces « bungalows » après ma première nuit sur l’île, la vue est sympa mais j’ai déjà eu mieux.

Le cyber café d’aujourd’hui ne veut pas me laisser mettre en ligne les dernières photos, le billet de la journée d’anniversaire du voyage attendra donc demain !

31.5km/h de moyenne

Non, ce n’est hélas pas ma moyenne quotidienne, ce fut la vitesse du bus que j’ai pris entre Jambi et Bandar Lampung, 550km, pour arriver à temps a Jakarta ce début avril. 18h30 de trajet, moins 2 fois 30 minutes d’arrêt pipi et restaurant de routier.

Afin d’avoir le temps de visiter Jakarta et pas devoir arriver directement et sale a l’aeroport, je devais faire 500km de bus a un moment ou a un autre. Il semble que j’ai bien choisi l’endroit vu l’état de la route et la densité de camions et bus sur ce tronçon. Le seul regret est qu’il a fait gris sans pleuvoir toute la journée, et ça aurait été top pour pédaler. Avec la clim a fond dans le bus, ça n’a pas changé grand chose.

Au départ le bus est à moitié plein (de voyageurs), mais ça s’est rempli au fur et a mesure. En revanche les soutes sont pleines a craquer. En effet, en Asie, les chauffeurs jouent les chauffeurs routiers au noir, transportant toutes sortes de marchandises sur leur trajet. Ca ne les empêche pas de m’accepter avec mon vélo, il suffit de le mettre DANS le bus, sur une rangée sans sièges. J’herite du coup de la rangée de derrière, avec de la place pour mes jambes mais mon porte bagages dans la figure en cas d’accident.

 

N’ayant aucune idée de la durée du trajet ni des horaires des bus, j’étais arrivé tot a la gare routière de Jambi. Le premier bus m’ayant accepté, on était partis a 9h du matin. 9h du matin + 18h30 de trajet, arrive a 3h30 du matin, sur les trottoirs éclairés devant la gare routière de Bandar Lampung. Heureusement j’ai pu dormir par épisodes dans le bus, j’ai donc remonté mon vélo (pour les trajets en bus/avion, je retire le siège, rentre l’avant, met le guidon dans l’axe, …) et attendu que le jour se lève.

A un quart du trajet, une partie des soutes se sont libérées, et un chauffeur a mis mon vélo dedans. J’ai laissé faire sans surveiller, grave erreur. Le chauffeur a sans doute forcé pour que ça rentre, et posé le vélo sur le dérailleur. Je m’en suis rendu compte et ai tout remis d’aplomb avant de partir, mais après 700m, c’est la patte de dérailleur qui a cassé. 2eme patte de dérailleur du voyage, je ne peux que remercier Optima d’en avoir glissé une deuxième gracieusement quand j’ai commandé la première. Et je compte bien en racheter une nouvelle de rechange a Jakarta ou Buenos Aires, car au rythme ou je les consomme, celle la ne tiendra pas la fin du voyage. En tout cas je l’emballerai soigneusement et séparément pour le trajet en avion Jakarta-Buenos Aires.

Changer une patte de dérailleur a 5h30 du matin sur le trottoir alors que le soleil se leve, ça n’a pas de prix !

Indonésie, sur la route

Sumatra, c’est grand ! Je continue ma route vers le Sud de l’île, mais je vais quand même devoir prendre un bus sur 500km pour arriver a temps a Jakarta pour prendre mon avion, la faute aux 10jours perdus dans le sud de la Thaïlande a guérir de la dengue.

J’ai quitté les zones montagneuses et volcaniques pour une zone plus plate, mais au final ca monte juste moins haut. L’Indonesie n’est jamais plate, et il est quand même possible de faire plus de 1600m de dénivelé positif (et négatif) en une journée sans jamais monter au dessus de 80m d’altitude. Une grosse cote de 1600m ou des dizaines de cotes de quelques mètres ou dizaines de mètres de dénivelés, ca donne le même résultat. Monter, descendre, monter, descendre toute la journée, ca fait les jambes aussi ! Si vous voulez tenter l’expérience vous pouvez monter et descendre 22 fois la Croix Rousse, ou 11 fois de la Seine a Mont Saint Aignan dans la journée. (ou 5 Tour Eiffel)

Sinon ca continue d’être un pays fascinant. Je pensais que c’était un pays complètement musulman (l’Indonésie est le pays avec le plus grand nombre de musulmans au monde – et le 4eme pays le plus peuplé de la planète, derrière Chine, Inde, USA) mais non, il y a une part non négligeable de chrétiens (et probablement d’autres religions mais moins visible que les églises) aussi.

Je me suis familiarisé avec la nourriture locale, un peu plus épicée que dans le reste de l’Asie du Sud Est, mais délicieuse, si on ne penche pas la tête vers la cuisine. Et c’est des épices qui piquent pendant quelques secondes uniquement, pas comme dans d’autres pays ou il faut 2 pains de mie et 10L d’eau pour enlever la brûlure. On m’a servi plusieurs fois (dans des petites gargottes familiales ou des restos a routiers) un nombre impressionant d’assiettes (avec un récipient de riz), a moi de composer mon plat … ou de venir a bout de l’ensemble, cycliste affamé oblige. Facture de moins de 2euros a chaque fois.

Le café indonésien est délicieux, bien meilleur que le laotien ou le vietnamien, pourtant réputés. Servi a la turque (même si les turques boivent principalement du thé et que cette façon de préparer le café est surtout utilisée dans les Balkans et autour), très sucré avec un goût de chocolat. Je m’arrête pour le petit dej tous les matins pour m’en faire servir un, que j’accompagne de biscuits et fruits.

Les locaux continuent d’être fascinés et adorables, je suis pris en photo, interviewé par un groupe de collégiennes qui m’a vu passer et rattrapé en scooter. Je n’ai toujours pas vu d’autre occidental depuis mon arrivée en Indonésie il y a 2 semaines, donc ca doit faire longtemps qu’ils n’ont pas vu d’étranger.

 

Le paysage des volcans et montagnes à laissé la place a une « foret » infinie de palmier,s cultivés pour l’huile de palme (pour mettre dans le Nutella et la bouffe industrielle). C’est le résultat d’une déforestation a grande échelle (le pays possède toujours la 2eme plus grande foret vierge, derrière l’Amazonie), et qui dit monoculture dit engrais, engins, et appauvrissement rapide du sol… bref, pas de la culture bio. En revanche pour bivouaquer c’est pas trop mal, a l’abri des regards indiscrets, une terre qui va bien pour planter la tente, a priori pas d’animaux (trop) sauvages. Parfois des petits singes s’éloignent rapidement a mon arrivée (impossible a photographier), juste une nuit j’espère que c’était un singe qui s’est approché en grognant a une dizaine de mètres de ma tente … J’ai allumé la lumière et secoué la toile, ca a suffi pour le faire partir. Je n’ai pas très loin d’un village (a portée de voix du muezzin mais pas des karaokés), donc a priori ce n’était pas un tigre …

Les forets de palmiers, a perte de vue, en rangs d’oignons:

 

La pluie s’est « calmée », j’ai eu presque 4 jours sans pluie ! Mais l’humidité et la chaleur  ne font pas bon ménage. Sueur qui ne sèche jamais, fringues et duvet non plus, j’ai déjà senti meilleur. Je ne sais pas quelle quantité de sueur je produis chaque jour, mais a mon avis le nombre de litre est au pluriel.

Le duct tape non plus n’aime pas l’humidité, et j’ai du réparer les dégâts sur la tente de façon plus pereine (bâche plastique et colle au néoprene).

 

Cet article est le 200eme du blog ! Encore un truc a fêter, ca n’arrête pas en ce moment ! (18.000km dans les jours qui viennent, passage de l’équateur, 1an depuis le départ, …)

Plein Sud !

Forcement, à force de pédaler vers le sud, j’ai fini par en arriver là ..

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La tête en bas

J’ai franchi l’équateur ! C’est une première pour moi, je n’étais jamais descendu si bas vers le Sud. Mon précédent « record » était le Togo. Me voila quelques degrés au Sud de cette ligne symbolique, toujours direction Sud-Est, pour rallier Jakarta.

Etonnamment, pas de ligne peinte sur la route (Comment ca, il n’y a pas une ligne peinte en rouge tout autour de la planète ?), pas de panneau avec l’indication, aucun signalement, c’est mon GPS qui me l’à appris (enfin, à relever ma position tous les soirs, je l’avais vu venir).

Pas de célébration particulière, si ce n’est l’absence de pluie pendant presque 4jours, c’est dejà ca !

Rien que de l’eau, de l’eau de pluie, ….

De l’eau de la haut …

En arrière plan, l’installation de traitement de l’eau. En premier plan, le gérant de la « boutique » et son camion de livraison. (Indonésie)

Depuis le sud de la Chine, et dans toute l’Asie du sud-est, l’eau du robinet n’est plus potable. Au Laos par exemple, on appelle l’eau du robinet l’eau « sans poisson », car c’est sa seule différence avec l’eau du fleuve.

Du coup, puisque je continue a boire beaucoup, je m’adapte et fais comme les locaux. J’utilise les grosses bouteilles qu’on croise en France dans les fontaines à eau des entreprises ou des bâtiments publics.

Au Laos, Vietnam, et au Cambodge, ces bouteilles sont en relativement libre accès dans les restaurants, stations services, … Il suffit de demander gentiment pour remplir mes bouteilles et ma poche a eau.

En Thaïlande et en Malaisie, des machines dans la rue permettent, pour une somme modique, d’obtenir de l’eau potable. Entre 1 baht le litre et 1baht le litre et demi en Thaïlande (environ 40 bahts valent un euro). En Malaisie compter 0.10 Ringgit (environ 4.5 ringgit pour un euro).

 

En Indonésie, ce sont des petites « boutique » qui traitent l’eau de la rivière locale ou du robinet, pour la rendre potable, et livrent ensuite tous les environs. Lorsque mes réserves sont vides et que je passe devant une de ces installations, je m’y arrête pour remplir mes stocks, généralement gratuitement.

 

Au Laos, Cambodge et Vietnam, ces operations sont effectuées par de plus grosses entreprises, je ne pouvais donc arriver la bouche en coeur et demander de remplir mes gourdes,

Et sinon, j’achète une de ces bonbonnes dans quasiment n’importe boutique. La bonbonne étant consignée, je n’achète que l’eau (les 18L), pour 5.000 Roupies (un peu moins de 30 centimes d’euro), et je remplis mon outre et les bouteilles/gourdes/douche/… que j’ai devant la boutique, pour laisser la bonbonne et le reste de l’eau au propriétaire, ravi de garder le reste de l’eau gratuitement.

Le traitement de l’eau dans ces installations (les machines, les bonbonnes et les boutiques) est complet et le résultat est vraiment potable, peut importe la source de l’eau (la rivière croupie du coin par exemple). C’est l’eau que boivent les locaux. Filtrage, chlore, osmose inverse, ozone, … la totalité des traitements nécessaires est réalisée.

Le seul inconvénient, pour moi, se trouve dans la douche/toilette avec cette eau (oui, je me douche avec de l’eau potable. C’est le cas en France aussi, et même la chasse d’eau des toilettes, ce qui n’est pas le cas ici). Comme l’eau sort de traitement et est très pure, le rinçage du savon devient difficile. Mais comme prix a payer pour de l’eau potable, je trouve ça raisonnable.

Inception !

Voila les photos du lac Sidihoni, petit lac sans prétention.

 

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Lac Sidihoni

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Lac Sidihoni: 2.602864, 98.747520

Le module de carte ne veut pas zoomer suffisamment, mais vous pouvez le faire, la carte est centrée sur le (petit) lac.

Ce qui en fait une particularité, c’est son emplacement.

En effet, le lac Sidihoni est situé sur l’île de Danau Toba, elle même située sur lac Toba, lui même situé sur l’île de Sumatra, elle même située …

Vous pouvez dézoomer sur la carte pour vous en rendre compte.

Le lac Toba est gigantesque, tout comme l’île Danau Toba, c’est le résultat d’une super éruption volcanique il y a 70.000 ans, qui aurait entraîné un mini hiver nucléaire, et entraîné une quasi disparition humaine, entraînant une renaissance de l’humanité dans le foyer africain que nous connaissons. Enfin, c’est ce que les experts pensent, moi j’étais surtout content de moi pour le lac dans l’île dans le lac ….

Du coup j’ai campé près de la petite église qui surplombe le (petit) lac, avec une vue magnifique. Oui, le buffle aussi est pris en photo du même point de vue.