Frontière chinoise

La frontière entre le Kirghizstan et la Chine se découpe en plusieurs étapes. Il y a le premier checkpoint, coté Kirguiz, 20km avant la frontière, ou on contrôle ton passeport et note ton arrivée sur un listing. Puis il y a la vraie frontière, avec d’abord un checkpoint/contrôle du passeport (pour vérifier que tu es bien sur le listing). Puis un second contrôle du passeport. Puis la douane en elle même et le tampon de sortie du territoire. Puis un nouveau contrôle du passeport pour vérifier que tu t’es bien fait tamponné. Ca y est je suis sorti du Kirghizstan.

Apres 4km d’un premier no mans land on arrive à l’ancienne frontière chinoise. Un premier checkpoint/contrôle du passeport. Le soldat galère pour comprendre de quel pays je viens. Il a une liste avec les noms des pays en chinois et en alphabet latin, et compare la couverture du passeport avec sa liste. Forcement « Republique Francaise » n’est pas sur sa liste, je dois lui pointer la ligne « France », Fagoa en Chinois (un des quelques mots que je sais dire en mandarin).

Ensuite, l’ancienne frontière en elle même, c’est à dire un fonctionnaire qui prend et contrôle le passeport, et un soldat qui me fait vider tous mes bagages pour en vérifier le contenu. Bon la fouille n’est pas si totale et approfondie que ça, le bidasse n’en a pas grand chose a carrer mais c’est son job. Verification des photos sur l’appareil photo et sur le téléphone (je ne sais pas trop ce qui est interdit), mais pas de contrôle du disque dur ni de la camera (elle n’a pas d’écran, ça n’aide pas).

Entre l’ancienne frontière et la nouvelle frontière, 142km de no man’s land, et il est interdit de les faire a vélo. Pas le choix, c’est taxi obligatoire (ou bus pour les 2jours par semaine ou il y a un bus). Pas de souci pour le vélo, dit le chauffeur, il y a juste un supplément. Je vous laisse apprécier l’installation de ma monture sur le coffre. 

Pas de souci, ça rentre. C’est tellement bien attaché qu’a l’arrivée le coffre est tordu et ne ferme plus.

A 6 dans le taxi, c’est parti pour 142km de route neuve/piste défoncée/route en travaux selon les endroits. Les bagages et le vélo sont couverts de poussière a l’arrivée a la nouvelle frontière (aucun lien avec un voyagiste francais) chinoise flambant neuve.

Cette fois pas de fouille mais rayons X pour les bagages, et tampons sur le passeport. Ca y est, me voila en Chine. A moi l’Empire du Milieu !

Montagnes kirgizes

Pour rejoindre la frontière chinoise, il y a un peu de montagne au programme. Ca tombe bien, depuis les Alpes et la première semaine du voyage, il n’y avait pas vraiment eu de grimpette. Mais la on parle d’un autre niveau comparé aux Alpes, étant passé par un col relativement bas pour rejoindre l’Italie.

Osh se trouve environ a 1000m d’altitude. Il y a d’abord un petit col a 2700m avant de redescendre a 1600m, puis ça monte doucement pendant 100km jusqu’a 2800m. Ensuite, 8km de lacets  pour atteindre  3600m, soit environ 10%. Arrivé en haut ca redescend pendant 3km, puis surprise, c’est un double col, il faut remonter a 3700m. La descente qui suit est presque frustrante, puisqu’elle ne descend que de 600m pour rejoindre Sari Tash et une vallée a plus de 3000m d’altitude. 

Ensuite, il n’y a plus qu’a suivre la vallée, ou presque car la route remonte a 3700m pour une raison qui m’échappe. Il y avait peut être un excédent de budget sur la construction alors les ouvriers ont prolongé le plaisir ?

Tout ça donne de tres belles images, mais pfiou, j’en ai **** des ronds de chapeaux. Pas de mal des montagnes, mais on sent bien que l’oxygène n’est pas a son niveau habituel a partir de 2500m. Une petite pensée pour les caravaniers de la route de la soie qui passaient par la, et qui devaient eux aussi bien galerer, et pour les habitants qui vivent la toute l’annee. Et encore, la météo fut plutôt clémente pour moi (juste quelques gouttes chaque fin de journée, mais du beau temps en moyenne), je n’ose imaginer ce que ça donne l’hiver.

Trajet Bishkek-Osh

Résumé des épisodes précédents: Alors que je partais rejoindre le Sud du Kirghizstan, un minibus m’a frôlé de trop près, et m’a forcé a prendre une semaine de repos a Bishkek. Du coup me voila a la bourre pour rejoindre la frontière chinoise dans le temps imparti par la validité de mon visa chinois. Pas vraiment le choix, je dois faire une partie du voyage en voiture.

Le trajet de Bishkek a Osh, de la capitale a la 2eme ville du pays, passe par plusieurs cols et des routes qui ne permettent pas aux bus de passer. Ce sont donc des armadas de mini bus et de taxis collectifs qui font des allers/retours entre les 2 villes, environ 12h pour couvrir les 650km. Pour ma part, ça sera un taxi collectif, afin de pouvoir négocier une place pour mon vélo et mes bagages.

Le véhicule est un monospace 7 places (Honda Stepwgn), mes sacoches dans le coffre et le vélo sanglé sur le toit. On sera donc 10 dans la voiture, chauffeur compris, pour le trajet, de nuit. Autant dire que je n’ai pas super bien dormi. Les autres voyageurs dorment comme si de rien n’était, la tête balançant au gré des virages, je ne sais pas comment ils font. Et a l’aube, alors que je commence enfin a réussir a fermer les yeux, le chauffeur s’arrête auprès de la voiture d’un collègue, transfère nos bagages dans cette voiture, et nous voila avec un mouton dans le coffre pour les 2 dernieres heures du voyage. Super …

Arrivé a Osh en début de matinée, après une nuit quasi blanche, me voila reparti pour les 350km qui me séparent de la frontière, avec un peu de grimpette au programme.

Arrivée en Chine

Un coucou rapide de Kashgar, première ville à l’ouest de la Chine. Le changement après les montagnes Kirghizes est saisissant. J’ai eu la chance de récupérer un phrasebook anglais-chinois à Bishkek, et ça va bien me servir !

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Je n'ai aucune idée de ce qui est marqué derrière moi, en Chinois et en Ouïgour

Dans la région ils parlent Ouïgour, qui est une langue de la même famille que le turc, le kazakh, le kirghize, mais qui s’ecrit en arabe alors que les 2 dernières s’écrivent en cyrillique.
Juste avant la frontiere chinoise j’ai une nouvelle fois eu des nouvelles de l’ambassade de France via leur système de déclaration de séjour. Le sms concernait cette fois le cas de peste bubonique qui s’est déclaré dans le nord est du Kirghizstan (à Karakol), conseillant d’éviter la région. J’y étais plus de 2 semaines plus tôt, toujours pas de symptômes donc il semble que tout va bien !
Toujours au rayon santé, ma main a cicatrisé, dégonflé, et la force est en train de finir de revenir dans l’index. Tout va bien donc aussi de ce coté là.
La Chine a l’air passionnante, j’en prend déjà plein la vue.
Finalement tous les locaux disent que la route au Sud du désert est sûre, et qu’il n’y a pas de souci pour passer là, je vais donc passer au Sud du désert du Taklamartan.
Je ne sais pas à quelle fréquence je vais pouvoir vous donner des nouvelles, donc d’ici là, prenez soin de vous !

Au programme

Quand vous lirez ce billet, je serai à priori déjà reparti de Osh, que j’aurai rejoint en bus ou en stop depuis Bishkek.

A partir de ce moment les possibilités de connexion a internet vont fondre comme peau de chagrin, jusqu’à une fois en Chine, après avoir passé la région de la frontière et rejoint Kashgar. A priori une grosse semaine voire une dizaine de jours de montagne.

De même, je ne sais pas a quel point il me sera possible de me connecter en Chine, et ce que je pourrais poster. J’arrive dans un pays dans lequel internet est filtré et surveillé, et je commence par une région instable politiquement.

Pas de panique si je ne donne pas de nouvelles, c’est juste que je ne pourrais pas toujours en donner, mais promis je vous raconterai ensuite !

Le code de la route au Kirghizistan

Apres le code de la route en Bulgarie, voici quelques éléments du code de la route kirguize.

  1. Le code de la route Bulgare s’applique.
  2. La notion de sécurité routière est complètement étrangère au pays.
  3. A cause de la provenance des véhicules, le conducteur et son volant peuvent être a droite ou a gauche.
  4. Le klaxon sert de moyen de communication principal entre automobilistes. « Attention », « Je vais passer », « Je suis la », « Je vais forcer le passage », « Coucou », « Regarde moi », « Le feu est vert », « Le feu n’est pas encore vert mais va bientôt l’être », « Pousse toi », « Sympa ton vélo » et bien d’autres intentions encore se traduisent toutes par le même son.
  5. La ceinture de sécurité a été inventée par la police et sert uniquement a soutirer des amendes a ceux qui ne la mettent pas.
  6. Verifier l’angle mort avant de changer de direction ou de voie, c’est pour les froussards.
  7. Au feu rouge, on s’avance jusqu’à la voie qui croise pour attendre le feu vert. En dépassant un peu éventuellement, c’est toujours ça de déjà pris pour quand ça sera notre tour de passer. Idem au stop, a la sortie de chez soi ou d’un parking.
  8. Au feu rouge, on commence à passer des que le feu de la voie qui croise passe a l’orange. Inversement, lorsque le feu passe au rouge, on continue à passer jusqu’à ce que le feu de la voie qui croise passe au vert.
  9. On peut s’arrêter en double/triple file. D’ailleurs pour vendre plus facilement une voiture, on peut la stationner en double file a l’heure de pointe sur un grand axe avec la pancarte A Vendre. Le bouchon causé est un avantage, car du coup les gens ont le temps de lire la pancarte.
  10. Pour doubler ou changer de voie, le clignotant est moins utilisé que le klaxon.
  11. Regarder dans les retros pour manoeuvrer ou reculer, c’est pour ceux qui n’ont pas confiance en eux.
  12. La notion de « à fond les ballons », de conduite sportive ou agressive n’a pas cours ici. On appelle ça conduire.

 

Pendant ce temps, John Lennon refait Abbey Road

 

Est-ce le remplacement assez rapide des chevaux par les voitures qui cause ce type de comportement ? Est une façon de compenser quelque chose ? Existe t il une épreuve de permis de conduire ?

Et si c’est en effet pour compenser ou affirmer quelque chose qu’ils conduisent comme ça, alors il leur manque clairement quelque chose. Une case ? Une masculinité ?

B 25 71 BA

mardi 20 aout

B 25 71 BA, c’est la plaque d’immatriculation de la marshrutka (mini bus/taxi collectif) que l’on voit s’éloigner sur cette photo.      

Quelques instants avant la photo, elle me doublait en passant trop près, erraflant son flanc avec ma main, mon rétroviseur et ma pédale gauche. Le chauffeur s’est arrêté 100m plus loin, et a redémarré aussitôt en constatant que j’étais encore vivant, sans même descendre de son véhicule.

Un bon paquet de noms d’oiseau me viennent à l’esprit pour qualifier le chauffeur, sa conduite, et son délit de fuite. Une ado a tout vu et me donne son numéro de téléphone pour un éventuel depot de plainte. Mais l’ambassade de France m’y fera renoncer: au mieux la procédure débouchera sur une condamnation, avec de la chance pendant l’année 2013, et il faut que je reste au Kirghizstan pendant tout ce temps. Et au final une punition éventuelle pour lui, mais absolument rien pour moi. Ce chauffard plus dangereux que les autres va donc passer au travers.

En attendant, alors que je vois la plaque d’immatriculation s’éloigner, je vois aussi ma main gauche gonfler à vue d’oeil, pour s’arrêter à environ 2 fois la taille de la main droite.

une photo soft des dégâts

Je suis à ce moment la a 85km de Bishkek, a la campagne, il est 15h. Je décide donc de revenir une troisième fois a Nomads Home, pour être dans un endroit sur, reposant, et avoir la possibilité de passer une radio pour vérifier que rien n’est cassé. J’arriverai en début de soirée, un peu avant la nuit.

Pas de douleur extrême, mais c’est ce gonflement qui m’inquiète, et le fait de ne pas savoir si quelque chose est cassé. Dans la soirée j’appelle mon assurance/assistance et l’ambassade de France pour avoir des adresses d’hôpitaux ou clinique avec des anglophones. Peine perdue pour l’anglais, mais je récolte tout de même l’adresse de plusieurs établissements.

mercredi 21 aout

J’essaie le lendemain de faire faire une radio de ma main, mais c’est sans compter sur la pénurie d’appareils radio dans le pays. Dans les 2 cliniques privées et les 2 hopitaux que je tente, en milieu de matinée, le planning est dejà plein pour la journée. Revenez demain. Heureusement les plaies sont propres, et la douleur absente si je ne mets pas de force dans ma main.

Les médecins de mon assurance que j’ai plusieurs fois au téléphone, et a qui j’ai envoyé des photos des dégâts, me font faire des mouvements et un diagnostique au téléphone, tout en continuant de prescrire une radio pour verifier qu’il n’y a rien de cassé.

jeudi 22 aout

C’est donc à l’aube le surlendemain que je me pointe dans la clinique юрфа, et miracle je ne suis que 7eme. Je peux donc passer une radio et à 10h, j’ai le résultat et le compte rendu en russe entre les mains. En revanche pas de médecin pour m’expliquer ce résultat. Rien de visible sur la radio, mais je ne suis pas docteur. C’est donc en revenant a la guesthouse que je peux enfin faire traduire les 5 lignes de diagnostic en anglais, et apprendre que je n’ai rien de cassé.

Une radio a Bishkek: 400som, moins de 7 euros.

J’envoie les photos des radios à l’assurance, et les médecins me font à nouveau faire quelques manipulations pour vérifier qu’ils n’y a pas d’autres dégâts cachés dans les ligaments ou les tendons. En dehors du gonflement qui fait que je peux pas fermer le poing, tout va bien. La guérison est simple: il suffit d’attendre que ça dégonfle, ça va se faire tout seul.

samedi 24 aout

Je suis donc toujours a Bishkek, pour quelques jours de repos avant de repartir en direction de la Chine. Sauf que maintenant la date de fin de validité de mon visa chinois approche, et je ne vais pas avoir le temps de rejoindre la frontière à vélo depuis Bishkek avant qu’il n’expire. Je vais devoir rejoindre Osh en bus pour gagner une semaine et arriver en Chine dans les temps. Je compte partir demain dimanche pour la suite.

Le vélo de son coté va bien. Les conséquences de l’accident sont uniquement le rétroviseur cassé et la pédale de gauche un peu tordue. Comme il y a un bon magasin de vélo à Bishkek, j’ai pu acheter des remplaçants pour repartir a neuf. Et comme les pédales se vendent par 2, la droite a aussi eu droit a une mise a jour. A ce rythme la de casse/remplacement sur le vélo, c’est avec un vélo différent que je vais rentrer en France !

Au final plus de peur que de mal, surtout la période avant de savoir que je n’avais rien de cassé. Mais tout va bien, ma main a deja bien dégonflé, la cicatrisation est propre. Je sais maintenant dire traumatologie et radio en russe (травматология et ретген). Je sais que mon contrat d’assurance fonctionne bien, tout en espérant ne jamais avoir à m’en servir à nouveau. Meme si je ne vais pas me faire rembourser cette radio (je vais en avoir pour plus cher d’acheter une enveloppe, timbre et photocopies), ils ont été très réactifs, avec un suivi régulier pendant ces quelques jours, par téléphone et par email. Le fait de pouvoir avoir un avis médical au téléphone en ayant envoyé des photos et les radios par email fut vraiment rassurant.

En tout cas l’Asie Centrale ne me fait pas de cadeau, vivement la suite et la Chine !

Consommables

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Depuis mon départ, j’ai du renouveler un certain nombre de consommables, en essayant de trouver ce dont j’avais besoin dans les pays traversés.

Ainsi:

  • Ma brosse a dent est bulgare
  • Mon PQ est Kazakh
  • Mon shampoing est azeri
  • Mon savon est turc
  • Mon après soleil est croate
  • Mon dentifrice et mon deo sont kirghizes
  • Mon sel est turc

Viennent encore de France ma crème solaire, mes piles de frontale (pas encore changées, et j’ai un jeu de rechange que je me trimbale depuis le départ), mes cotons tiges, … pour le moment je n’en vois pas d’autre.

Et en dehors du PQ qui rape un peu (mais ça m’apprendra à préférer le pas cher), je n’ai aucunement a me plaindre de tous ces remplacements.

Deuxieme Premiere crevaison

Apres une fausse première crevaison en Turquie, c’est juste avant les 6000km que ma première véritable crevaison du voyage s’est produite, sur la roue avant.

Ca devait arriver, j’ai eu beaucoup de chance pour que ça n’arrive que maintenant ! Il ne reste plus qu’a espérer que ce soit la dernière, ou presque !