Comment perdre 2 jours à la frontière …

Solution 1: Prendre une frontière qui ferme le week end, et arriver le vendredi soir. J’en connais à qui c’est arrivé pour entrer en Chine en venant du Kirghizstan.

Solution 2, que je viens d’expérimenter pour entrer en Bolivie (sortir du Paraguay plus précisément):

Tout d’abord, arriver en fin de matinée à la frontière, de façon candide, et demander ou se trouve le bureau pour obtenir le visa de sortie du pays. S’entendre dire que c’est a 270km en amont sur la route, 3 villes avant. « C’est une blague ? Le bâtiment marqué Immigration, à Mariscal Estigarribia ? »

En effet, j’avais bien vu le bâtiment en passant 2 jours plus tôt, mais n’ai pas pensé une seconde qu’il pouvait me concerner, vu que j’étais encore loin de la frontière.

Demander aux officiers de la douane qui sont là, et s’entendre confirmer la nouvelle. Il faut que je retourne là bas pour obtenir le tampon de sortie, puis revenir pour pouvoir continuer la route vers la Bolivie.

Et sur les 270km de route nationale (on parle bien de 540km A/R), une portion de 100km est complètement défoncée. Je dis bien complètement, même a vélo, zig zagguer entre les nids de brontosaure ne suffit pas, et cette section de route est vraiment pas sympa.

Bref, on peut dire que ce fut une mauvaise nouvelle. J’ai donc fait au mieux et au plus vite:

Laisser le vélo cadenassé à la douane, avec l’accord et la surveillance des douaniers. Prendre en stop le premier camion qui est parti de la douane dans le bon sens (avec tous mes bagages, mais pas le vélo), en fin d’après midi. On fait la moitié du trajet puis on s’arrête en « ville » (un carrefour avec quelques restos à routiers, 3 superettes et un barrage de police), à La Patria, pour la nuit, je campe a coté de la rangée de camion qui s’est arrêtée là (les camions n’ont pas le droit de circuler après 21h au Paraguay).

Un grand merci a mon chauffeur Ernando !

On repart à 6h30 le matin, cette fois pour la partie « difficile » de la route. 8h pour 120km, à rouler quasiment au pas tout le temps. Et on arrive enfin a Mariscal, où je peux obtenir mon tampon de sortie.

Pour la route dans l’autre sens, ce sera avec le bus quotidien Asuncion (Paraguay) => Santa Cruz (Bolivie). Je n’ai pas pu le prendre dans l’autre sens car il était déjà passé. Avec un départ un peu avant 5h du matin, le bus va plus vite que les camions, ca secoue, le véhicule doit bien souffrir, et on décolle plusieurs fois de nos sièges (relativement confortables, ce fut une bonne surprise). On en rit, en ayant une pensée pour la personne aux toilettes a ce moment la, et en étant bien contents de ne pas être ladite personne.

Et vers 13h, un peu plus de 48h apres être arrivé à la frontière en vélo, le bus me ramène à mon point de départ, je peux enfin quitter le Paraguay et repartir vers la Bolivie.

Asunción

Asunción, capitale du Paraguay, 2 millions d’habitants. Je m’y suis arrêté quelques jours pour visiter, même s’il n’y a pas grand chose a y voir, et voir quelques matchs du début de la coupe du monde (dont le premier match de la France, par exemple), sympathiser et boire des coups devant le foot avec les backpackers présents.

Quelques jours très sympa a l’hostel El Jardin, tenu par un suédois et sa compagne aux origines brésilo-paraguo-suédoises (photo de la page facebook de l’hostel).

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La capitale n’a rien de sensationnel, juste une petite pause appréciable et appréciée avant de reprendre la route vers le nord du pays et la Bolivie.

Los Heros

Los Heros (dedans)

cathédrale

Palais présidentiel

Paraguay

Palais présidentiel, Asuncion

Ayant déjà quitté le pays, je vais tenter de faire un petit résumé comme celui d’hier sur l’Argentine.

Alors le Paraguay, c’est:

  • 6 millions d’habitants, dont un tiers dans la capitale, Asuncion, et son agglomération.
  • La partie Sud du pays est très vallonnée. Ca ne monte pas haut, mais ce n’est jamais plat, et du coup le dénivelé quotidien grimpe très vite. Dans le Nord, c’e3st désespérément plat.
  • Certaines régions sont très humides, avec des flaques, étangs, et restes d’inondations qui nourrissent la production de moustiques.
  • La région du Chaco (nord) a subit des inondations dramatiques en 2012, et les plans humanitaires de relogement sont toujours en cours. Mais rien n’a été fait contre la déforestation qui, elle, suit son cours.
  • Le pays ressemble un peu a l’Argentine, mais en bien plus pauvre.
  • La proportion d’indigènes est plus grande, et ils sont mieux traités qu’en Argentine.
  • D’ailleurs, le Guarani est la 2eme langue officielle du pays.
  • Beaucoup de colonies, jésuites, mennonites, qui sont installées depuis des décennies voire siècles, avec des droits spéciaux négociés avec l’état (scolarisation, justice, etc.. ne dépendent pas du Paraguay mais de la colonie elle même).
  • Le Paraguay est un des rares pays a reconnaître la Republique de Chine (Taiwan). Du coup, Taipé mène pas mal de projets de développement.
  • Qui dit route nationale ne veut pas dire route goudronnée, ni même route en bon état (voir article prévu pour dans 2 jours pour un exemple, ou jeter un oeil à la gallerie photo).
  • Internet est disponible uniquement dans les grandes villes. Pour ma part, je ne l’ai croisé qu’a Asuncion, n’étant pas passé par les autres villes principales du pays.
  • Je n’ai jamais vu autant d’armes de tout le voyage. Le moindre vigile de superette est armé, et on peut acheter des balles (cartouches de chasse ou balles de 9mm) dans les … stations services. Malgré ca, je n’ai pas vu ni entendu un seul coup de feu.