Une série de dernières …

Dernière nuit dans mon appartement avant mon départ, dernière fois que je vois machine ou untel, dernière séance de cinéma, dernière bise à mes frères et sœurs, .. je pourrais continuer la liste indéfiniment. La série a commencé il y a plusieurs mois, imperceptiblement, certainement avec des amis que je n’ai pas revu depuis, et que je ne reverrais pas d’ici le grand jour. Elle est devenue plus manifeste, dernier Noël en famille, dernier anniversaire, dernière visite à Paris, dernières vacances.  C’est maintenant très concret, dernière balade à vélo, dernière machine à laver, dernière visite des parents, dernière résiliation d’abonnement.

Bref, le départ approche. On ne peut pas dire que cette période faite d’une succession de dernières occurrences soit quelque chose qui me réjouisse. L’envie de partir, d’être déjà sur les routes, et en même temps envie de profiter de ces instants, également uniques, de ces moments avec la famille, les amis. De bons moments, certes, mais pollués par le voyage qui approche, la plupart des gens ne sachant pas tellement plus que moi comment se quitter et se dire au revoir pour ce genre d’aventure. Mon esprit est occupé par les derniers détails à régler avant de chevaucher mon vélo. Et l’esprit des gens, également occupé par mon projet, plein de questions, de craintes ou d’envois qu’ils n’oseront exprimer.

Une fois parti, cette succession va s’inverser. Une série de premières, première côte, première crevaison, premier millier de kilomètres, premières rencontres, premières surprises, premières galères, etc .. J’espère que la plupart de ces premières seront heureuses. Ce ne sera pas forcement  toujours le cas, ce sera au moins de vraies expériences, contrairement à ce qui se passe en ce moment.

J’ai l’impression d’avoir déjà écrit tous ces moments depuis longtemps. Je vis un compte à rebours des derniers jours, avec ses obligations, ses points de passage obligés, ses impératifs et parfois quelques petits temps de liberté ou de surprises éphémères. Globalement, tout est déjà gravé. Ces moments sont importants pour moi, et j’en savoure chaque instant. Moments familiaux, amicaux, tendres ou festifs, c’est essentiel de prendre ces derniers temps, et je les apprécie à leur juste valeur. La sensation reste tout de même étrange, flottante, avec cette impatience du départ qui reste sans cesse tapie au fond de mon esprit.

Je profite donc au mieux de ces derniers jours, et me délecte de ces moments. J’attends surtout le jour J impatiemment.

Ancêtre du vélo couché - National Museum of Scotland

Ancêtre du vélo couché – National Museum of Scotland

En cadeau pour la conclusion, voilà une photo prise en Écosse au début du mois, qui m’a bien fait sourire. Je pense que le confort de cet engin n’arrive pas à la cheville de ma monture, mais j’aimerai bien malgré tout la tester.

Préparation du vélo: nouvelle étape

Gros plan sur la cassette

Gros plan sur la cassette

Le temps poursuit son œuvre, et le compte à rebours avant le départ avance sans faiblir (ou recule puisqu’il est à rebours, c’est selon). Les chantiers se multiplient sur tous les fronts, préparation du projet (paperasserie, démarches, derniers achats), préparation du déménagement (cartons, réfection de l’appartement), préparation du vélo (mécanique, accastillage), préparation du bonhomme (vaccins, préparation spécifique par pays), préparation du départ (soirée de départ, logistique des derniers jours), ..  mais je parviens à clore certains dossiers.

C’est le cas de la mécanique vélo, qui est désormais terminée. Ma monture ayant déjà parcouru quelques milliers de kilomètres, je voulais la remettre à neuf pour le départ.

  • Nouvelles roues complètes: jantes, chambres et pneus
  • Nouvelle transmission complète: chaîne, cassette, galets de dérailleur et boîtier de pédalier
  • Nouveau jeu de gaines et câbles: freins et vitesses à neuf
  • Nouveaux patins de freins

Mon dragon roule donc à nouveau, après être resté en chantier pendant quelques semaines sur mon balcon. Il subira encore quelques transformations avant le départ, mais la partie mécanique est bouclée. Reste l’utilitaire et cosmétique: bandes réfléchissantes, attaches diverses, drapeau, boussole. Ajouter l’huile de cuissot pour propulser l’ensemble le moment venu, et il n’y aura plus qu’à !

Certaines mauvaises langues pourraient tenter d’expliquer l’absence de nouveaux billets sur le blog ces derniers temps par un retard dans ma préparation. Qu’ils se rassurent, il s’agit uniquement d’un manque d’inspiration (je ne suis pas encore parti, c’est donc difficile de narrer ses aventures) et d’un gros poil dans la main. 

Avoir une date de départ

Starting blocks

By tableatny (BXP135660) [CC-BY-2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons

Ça y est, la date de départ est fixée, et ce n’est pas une blague. Après une soirée avec les amis le samedi soir, un dimanche pour récupérer, me reposer, et passer du temps avec ma chérie avant le départ, je partirai le lundi 1er Avril de Lyon. En petit comité, sans banderole ni fanfare, n’étant pas un grand fan des départs et au revoir cérémonieux.

J’aurai le plaisir d’être accompagné par une amie, Pauline, pendant la première semaine, jusqu’au début de l’Italie. A priori les premiers jours du printemps seront là, mais il n’est pas exclu que l’hiver s’incruste encore un peu, espérons que la météo à travers les Alpes soit clémente.

D’ici là, le compte à rebours est lancé -7 semaines et 3 jours -, et l’impression est étrange. Tout à coup ça devient très concret, depuis le temps que je l’attends. C’est tellement proche que je peux le toucher rien qu’en tendant le bras. J’ai bien évidemment hâte, mais d’un autre côté ça va arriver très vite ! Ma préparation est sur les rails et dans les temps, et avoir une date de départ fixée ajoute une petite sensation, un petit papillon d’estomac qui m’accompagnera probablement jusqu’aux premiers kilomètres.

En attendant, je profite du temps qui reste, en allant au festival jeune public A Pas Contés en Bourgogne dans une semaine, puis une semaine en amoureux en Écosse début mars.

Garder le contrôle, sur tout, toujours, …

At first, I was like …

At first, I was like

But then, I was like…

thatfunnybloga-gif-of-my-life

Une petite touche humoristique pour aborder un sujet un peu plus sérieux: Partant pour environ un an et demi, et 25.000 km à vélo, je ne peux pas contrôler tout les risques et aléas du parcours. Je peux me préparer, être prudent et bien équipé¹, l’accident, bête ou pas, peut toujours survenir.

Je serai forcement confronté à des situations inédites, improbables ou déroutantes. Je serai aussi exposé aux risques sur la route, croiserai des inconnus sans en connaître les antécédents, et vivrai aux côtés de Dame Nature, dans sa version exotique.

Accepter le risque, et rester humble par rapport à la situation, et au voyage en lui même, n’est pas une chose facile. C’est cependant obligatoire pour pouvoir profiter sereinement. Admettre qu’un pépin peut encore m’arriver avant le départ. Qu’une chute avec fracture est tout à fait possible le jour du départ, ou alors que je suis encore en France. Qu’un routier Turkmène mal réveillé, peut mettre fin à mon aventure. Et rester zen par rapport à tout ça. Je ne peux rien y faire¹, je ne peux pas l’empêcher¹, la seule chose à faire est de l’accepter.

Pourtant, est-ce vraiment plus dangereux de partir faire le tour du monde que de rester chez moi, sachant que les accidents domestiques représentent une part non négligeable des accidents et décès ? N’est-ce pas simplement déplacer le risque ? Je n’ai pas les chiffres, et j’admets qu’il est probablement plus sûr de rester chez soi. C’est un risque que j’accepte de prendre, en toute conscience et connaissance de cause: j’ai envie d’aller voir le monde, et je ne peux pas contrôler tout ce qui va m’arriver. La curiosité est la plus grande, je pars. Avec l’entrain de la première image de l’article, et prêt à me retrouver dans la situation de la seconde.

 

 

¹J’emmène un casque, une trousse pharmacie et du matériel d’hygiène de l’eau, j’ai souscris une assurance/assistance rapatriement, je déclare ma présence dans chaque pays au Ministère des Affaires Étrangères français, etc etc. Je ne pas contrôler l’univers, mais je peux m’équiper et me préparer.  Retour au texte

C’est à boire qu’il nous faut !

Matériel pour l'eau

Matériel pour l’eau: Une outre de 10L, un flacon de Micropur et la pipette 1mL, un filtre, et un pulvérisateur.

100km par jour, ça donne soif ! Étant déjà un gros buveur en temps normal, je peux facilement boire 4 litres en une journée de vélo. Ajoutons à cela de l’eau pour cuisiner, et pour me laver, l’addition augmente vite.

Comme la plupart des Français, j’ai toujours connu l’eau potable au robinet, mais je sais que ça ne sera pas le cas tout au long du parcours. De l’eau du robinet pas complètement propre pour mes intestins occidentaux jusqu’à l’absence complète de robinet, je vais traverser de nombreux pays où l’eau ne sera pas consommable directement. Certains se contentent de boire uniquement de l’eau minérale en bouteille, mais cette solution ne me correspond pas. Entre les déchets, le coût prohibitif, et l’incertitude liée au fait d’en trouver sur l’ensemble du parcours, cela fait beaucoup trop de points négatifs. Du coup, j’emmène de quoi filtrer et traiter l’eau, me permettant de boire quasiment n’importe laquelle, sauf la plus croupie, et encore !

Filtre à eau Katadyn Pocket

LE filtre du voyageur, léger, résistant, performant, il permet de filtrer les particules, algues, bactéries, protozoaires, sédiments,  etc, grâce à une céramique de 2 microns. Avec ça, même les eaux les plus boueuses deviennent consommables … miam !

Micropur

Après le filtrage, restent les virus. La solution existe sous plusieurs formes, en cachets ou en additif, c’est cette dernière que j’ai retenue pour sa praticité. 10 mL permettent de purifier 100L d’eau, soit 1000L avec un seul flacon. Normalement vendue pour les gros réservoirs (bateaux, camping cars, ..), j’emmène une pipette d’ 1mL pour pouvoir l’utiliser dans mon outre de 10L.

Avec tout ça, je vais avoir le plaisir de boire de l’eau au goût de piscine pendant quasiment tout mon voyage. Le filtre ne donne pas de goût, tout juste une petite évocation métallique lors des premières utilisations, mais le Micropur a clairement une odeur et un goût de chlore. Pour avoir déjà dû en utiliser pendant quelques semaines en 2003, on fini par s’habituer, mais je pense que je re boirai de l’eau sans goût avec grand plaisir ensuite.

Avec tout cet équipement, j’ai 2 jours complets d’autonomie en eau sans me priver (me laver, ne pas boire l’eau des pâtes), ou 4 jours si l’eau ne me sert qu’à boire, largement suffisant puisque je ne traverse pas de désert.

Il me reste maintenant à apprendre à lancer « Tavernier, une bière s’il te plaît ! » dans une douzaine de langues ! Et là, pas besoin de filtre ni de chlore …

Fiches pays

Ne parlant ni italien, ni russe (pour les pays de l’ex Union Soviétique), ni chinois, ni … beaucoup de langues en fait, je me prépare des petites fiches pour chaque pays, qui m’aideront à communiquer. J’y ajoute quelques renseignement utiles comme l’adresse de l’ambassade française ou le numéro de téléphone local pour twitter par SMS.

Voilà un exemple avec le premier pays que je vais traverser, l’Italie:

pays    italie
capitale    rome
distance à parcourir    700-800km
monnaie    euro
adresse ambassade france    « Piazza Farnese 67,00186 Rome  local: (06) 686.011
International: +39.06.686.011″
adresse ambassade pays suivant    
numero telephone twitter    Wind:4880804/Vodafone3424486444/TIM3399940424
    start/yes/polonbike/passwd/tweet/stop
numero assistance    PCV +33 1. 55. 63. 33.34
langue    italien
 
Bonjour/au revoir    Ciao / addio
S’il vous plait/merci    Si prega di / grazie
oui    sì
non    non
puis je camper ici ?    poi ho campo qui?
savez vous où je peux camper ?    sapete dove posso campo?
savez vous ou je peux trouver de l’eau, de la nourriture    sapete dove posso trovare l’acqua, cibo
quelle est la direction de … ?    Qual è il senso di …?
je suis francais    Io sono francese
je fais le tour du monde en vélo    Vado in giro per il mondo in bicicletta
Je m’appelle Paul    Sono Paul
Je ne parle pas …    Non sto parlando …
Où puis-je acheter un ticket?    Dove posso comprare un Tiquet?
Qu’est ce que c’est ?    Che cosa è?
Désolé, je ne comprends pas    Mi dispiace, non capisco
Parlez-vous français ou anglais?    Lei parla francese o inglese?
Combien ça coûte ?    Quanto costa?
Où se trouve .. Cybercafé/médecin/    Dove .. Cafe / medico /internet

 

Jusqu’ici c’est très basique, ça se complique lorsqu’on change d’alphabet, il faut ajouter la prononciation. Même si je vais massacrer la langue, je pense que je pourrais me faire à peu près comprendre. Voilà l’exemple du Turkménistan, où l’on parle Turkmène et Russe. Les traductions sont en russe, car Google Translate ne prend pas en charge le Turkmène.

pays    turkmenistan    
capitale    asgabat    

distance à parcourir    1500  km

 monnaie    « Manat turkmène: 1 EUR = 3.80161 TMT                1 TMT = 0.263046 EUR »    adresse ambassade france   35 rue 2029 (ancienne rue Esgerler)744000 Aşgabat (Ashgabat)TurkménistanTéléphonelocal: (012) 363.550 international: +993.12.363.550 Email cad.achgabat-amba@diplomatie.gouv.fr International: +39.06.686.011″    

adresse ambassade ouzbekistan    « AdresseGo’rog’li, 50-a 744006 Aşgabat (Ashgabat) TUrkménistan Téléphonelocal: (012) 331.055 international: +993.12.331.055 »    
numero telephone twitter    « UK : +447624800379GERMANY: +491724403473 FINLAND : +3584573950042 »   
numero assistance    PCV +33 1. 55. 63. 33.34    
langue    turkmene/russe    
 
        
Bonjour/au revoir    Hello / Goodbye    Hello / Goodbye
S’il vous plait/merci    Пожалуйста / спасибо    Pozhaluysta / spasibo
oui    да    da
non    не    ne
puis je camper ici ?    Затем я здесь лагерь?    Zatem ya zdesʹ lagerʹ ?
savez vous où je peux camper ?    Вы знаете, где я могу лагерь?    Vy znayete , gde ya mogu lagerʹ?
savez vous ou je peux trouver de l’eau, de la nourriture    Вы знаете, где я могу найти воду, пищу    Vy znayete, gde ya mogu nayti vodu, pishchu
        
quelle est la direction de … ?    Что такое направление? …    Chto takoye napravleniye ? …
je suis francais    Я француз    YA frantsuz
je fais le tour du monde en vélo    Я иду по всему миру на велосипеде    YA idu po vsemu miru na velosipede
Je m’appelle Paul    Я Павел    YA Pavel
Je ne parle pas …    Я уже не говорю …    YA uzhe ne govoryu …
Où puis-je acheter un tiCKet?    Где я могу купить tiquet?    Gde ya mogu kupitʹtiquet ?
Qu’est ce que c’est ?    Что это такое?    Chto eto takoye?
Désolé, je ne comprends pas    Извините, я не понимаю,    Izvinite, ya ne ponimayu,
Parlez-vous français ou anglais?    Вы говорите на французском или английском языке?    Vy govorite na frantsuzskom ili angliyskom yazyke ?
Combien ça coûte ?    Сколько это будет стоить?    Skolʹko eto budet stoitʹ?
Où se trouve .. Cybercafé/médecin/    Где .. Кафе / врача /    Gde .. Kafe / vracha /

 

Pour le reste du vocabulaire, j’emmène le bien nommé Point It, petit livre de poche contenant des photos (certes plutôt kitsch) et illustrations des mots utiles en voyage. Par exemple, sont en photo les différents types de commerce, de paysage, d’animaux, d’aliments, modes de voyages, parties du monde, etc etc. En complément du langage des mains, il permet de se faire comprendre, lorsque la langue est une barrière.

A ces quelques renseignements s’ajoutent les contacts locaux, arrêts déjà prévus, et points de chutes éventuels (amis, amis d’amis, woofing, couchsurfing, warm shower, …).

D’après vous, quel vocabulaire va me manquer, de quels mots supplémentaires vais-je avoir besoin ?

 

Préparation/rénovation du vélo, la direction

Parce que je préfère partir avec un vélo en parfait état, j’ai commandé les pièces pour une remise à neuf. En effet, après 5000km (c’est le kilométrage approximatif actuel du vélo) sans un pépin, la probabilité que les 5000km suivant se déroulent de la même manière est faible. Du coup, au programme:

  • Nouvelles roues complètes: jantes double paroi, pneu Schwalbe Marathon. Ces pneus sont tip-top, recommandés par tous les randonneurs pour leur durée de vie et résistance aux crevaison. Une preuve de plus de leur efficacité: c’est ce type de pneu qui équipe les Velib, Velov et autres vélos en libre service.
  • Nouvelle transmission: changement de la cassette complète, des galets de dérailleur et de la chaîne (3,5m de chaîne !)
  • Changement des câbles et gaines de freins et dérailleurs, et des patins de freins.
  • Nouveau boîtier de pédalier.
  • Révision complète du vélo.

En attendant les pièces rechange commandées chez Fabrice (voir les partenaires) pour remettre mon vélo à neuf avant le départ, certaines parties ont juste besoin d’un démontage-nettoyage-entretien-remontage. C’est le cas de la direction, qui vient d’y avoir le droit.

Le jeu de direction: potence sur la tête de la fourche

 

La tête de fourche nue

 

Graissage

 

Remise en place des roulements

 

Du joint d’étanchéité

 

Et de la protection

 

Ne pas oublier le frein filet sur les vis

 

Et voilà, une direction comme neuve !

Et après le début des travaux sur le vélo, c’est mon appartement qui a droit à ses premiers travaux avant l’état des lieux.

Pour finir,  celles et ceux qui ont remarqué que la première et la dernière photo de la série étaient les mêmes gagnent une médaille à imprimer chez soi ! (applaudissements !)

En revanche, celles et ceux qui viennent de retourner comparer la première et la dernière photo de la série perdent leur médaille. (booouuuuhhhhh !!!)