L’usure du bonhomme

Apres le matériel, parlons du bonhomme. Oui, je viens de parler de moi a la troisième personne.

Contrairement a ce que la plupart des gens que je croise ou aux questions qu’on me pause, je n’ai pas ressenti ni constaté de changement dans la forme ou la puissance de mes jambes. C’est probablement du au fait que je suis une machine j’ai toujours fait du vélo et un peu de sport d’une façon ou d’une autre.

Mais quelques changements et adaptations de mon corps tout de même. Principalement de la corne qui se forme a certains endroits:

  • Sur une bande en haut et en bas du dos, aux endroits ou il y a quelques frottements avec le tshirt et le fauteuil du vélo.
  • Sur le coté des index a cause des manettes de changement de vitesses.

La musculature de mes fesses s’est adaptée a la position de pedalage, et desormais la position assise « normale » dans les sièges d’un bus ou d’une voiture de façon prolongée pendant longtemps provoque un inconfort nouveau. Paradoxalement il faudra donc que je me « remuscle » les fesses en rentrant.

Et forcement, le bronzage façon cycliste, ou fermier, avec les marques du tshirt, la double trace des chaussettes ET des tongs sur les pieds, les lunettes de soleil, …

Désolé le débit du cyber café d’aujourd’hui est ridicule, et donc le chargement des photos pour les inclure dans l’article prend trop longtemps. Il y a des photos de mes index dans la galerie sur l’Indonésie, et je posterai bientôt des photos récentes de mes traces de bronzage. Pour les photos des fesses, en revanche, allez vous brosser !

Making of: A l’heure ou cet article se publie, je dois être a l’aéroport de Jakarta, prêt a m’envoler pour l’Argentine en passant par Istanbul (avec Turkish Airlines). Je vous narrerai mon séjour Jakartien une fois en Amérique du Sud.

Petit contretemps

4jours après avoir quitté Koh Lanta, sur la route vers la frontière Malayse.

Reveil le mercredi matin, tout courbaturé. J’ai du dormir dans une mauvaise position, avec une racine dans le dos ou un truc comme ca. Et puis ma tête va exploser. Ca, plus la diarrhée qui a commencé hier soir, c’est pas la fête. 

En fin de matinée, rien n’a évolué, ces symptômes puent.

En début d’aprem, je rejoins tout doucement l’hôpital du coin pour vérifier si le palu ne se serait pas invité malgré les cachets.

« Ah, mon bon monsieur, il va falloir attendre encore quelques jours, si tôt après la déclaration des symptômes, on ne peut rien détecter dans le sang. Et puis c’est peut etre juste une intoxication alimentaire. Voila des medocs contre la diarrhée, contre la fièvre, et contre la déshydratation. Revenez vendredi. »

Bon, comme c’est pas la grande forme, et que je dois revenir la dans 2 jours, autant ne pas trop m’éloigner, je me trouve une petite foret d’heveas, plante ma tente et sors mon kindle en attendant. Je vous passe la couleur avec laquelle j’ai repeint la foret.

Vendredi matin, ca ne va pas vraiment mieux. Direction l’hôpital pour en savoir plus. Au triage, l’infirmière prend ma tension avec l’appareil électronique: Err7. On recommence: Err4. Elle sort l’appareil manuel, lit le résultat, et siffle un brancardier: « Lui, la, dans un fauteuil. Maintenant ! ». Quand les professionnels s’inquiètent, c’est que l’affaire est sérieuse. C’est donc en fauteuil roulant (pas le même modèle que celui sur lequel je voyage, il n’y a pas de pédales sur celui la) que j’arrive devant le médecin. « Bon, et bien on va vous faire une prise de sang ! ». 20min plus tard, le verdict tombe: C’est la dengue.

« On va vous garder quelques jours ». Au final ça sera 4 nuits. Perfusion dans le bras de la première a la dernière minute. Tension et température toutes les 2heures. Nourriture d’hôpital, juste dans la version thai. Prise de sang tous les matins.

Non, je ne suis pas en prison, juste a l'hopital

Non, je ne suis pas en prison, juste a l’hôpital

Le seul « point positif » est le fait que j’ai pu squatter une partie (seuls certains ports) du wifi de l’hôpital, sinon je serai probablement mort d’ennui avant que la dengue ne l’emporte. Enfin de toute façon j’ai surtout beaucoup dormi, ça m’a quand même bien cassé.

2h avant la sortie, la patate est deja en train de revenir

 Ce n’est qu’après un retour à la normale de la tension (au bout de 36h), et d’un retour de la température dans des valeurs saines (au bout de 3 jours) que le médecin a commencé a parler de rémission. « Si la température reste bonne, demain vous sortez. Vous resterez faible pendant encore une petite semaine, c’est normal, ne forcez pas. Et si ça reprend, consultez au plus vite. Idem si vous saignez ».

Me voila maintenant dehors, et c’est tout doucement que je roule vers la frontière malayse, pas question de prendre de risque.

Ce qui m’a le plus ennuyé, mis a part évidemment attraper une maladie potentiellement mortelle, c’est cette semaine de perdue. Comme j’ai déjà acheté mon billet d’avion au départ de Jakarta (cf article de demain), j’ai littéralement perdu une semaine de visite en Indonésie.

 

 

B 25 71 BA

mardi 20 aout

B 25 71 BA, c’est la plaque d’immatriculation de la marshrutka (mini bus/taxi collectif) que l’on voit s’éloigner sur cette photo.      

Quelques instants avant la photo, elle me doublait en passant trop près, erraflant son flanc avec ma main, mon rétroviseur et ma pédale gauche. Le chauffeur s’est arrêté 100m plus loin, et a redémarré aussitôt en constatant que j’étais encore vivant, sans même descendre de son véhicule.

Un bon paquet de noms d’oiseau me viennent à l’esprit pour qualifier le chauffeur, sa conduite, et son délit de fuite. Une ado a tout vu et me donne son numéro de téléphone pour un éventuel depot de plainte. Mais l’ambassade de France m’y fera renoncer: au mieux la procédure débouchera sur une condamnation, avec de la chance pendant l’année 2013, et il faut que je reste au Kirghizstan pendant tout ce temps. Et au final une punition éventuelle pour lui, mais absolument rien pour moi. Ce chauffard plus dangereux que les autres va donc passer au travers.

En attendant, alors que je vois la plaque d’immatriculation s’éloigner, je vois aussi ma main gauche gonfler à vue d’oeil, pour s’arrêter à environ 2 fois la taille de la main droite.

une photo soft des dégâts

Je suis à ce moment la a 85km de Bishkek, a la campagne, il est 15h. Je décide donc de revenir une troisième fois a Nomads Home, pour être dans un endroit sur, reposant, et avoir la possibilité de passer une radio pour vérifier que rien n’est cassé. J’arriverai en début de soirée, un peu avant la nuit.

Pas de douleur extrême, mais c’est ce gonflement qui m’inquiète, et le fait de ne pas savoir si quelque chose est cassé. Dans la soirée j’appelle mon assurance/assistance et l’ambassade de France pour avoir des adresses d’hôpitaux ou clinique avec des anglophones. Peine perdue pour l’anglais, mais je récolte tout de même l’adresse de plusieurs établissements.

mercredi 21 aout

J’essaie le lendemain de faire faire une radio de ma main, mais c’est sans compter sur la pénurie d’appareils radio dans le pays. Dans les 2 cliniques privées et les 2 hopitaux que je tente, en milieu de matinée, le planning est dejà plein pour la journée. Revenez demain. Heureusement les plaies sont propres, et la douleur absente si je ne mets pas de force dans ma main.

Les médecins de mon assurance que j’ai plusieurs fois au téléphone, et a qui j’ai envoyé des photos des dégâts, me font faire des mouvements et un diagnostique au téléphone, tout en continuant de prescrire une radio pour verifier qu’il n’y a rien de cassé.

jeudi 22 aout

C’est donc à l’aube le surlendemain que je me pointe dans la clinique юрфа, et miracle je ne suis que 7eme. Je peux donc passer une radio et à 10h, j’ai le résultat et le compte rendu en russe entre les mains. En revanche pas de médecin pour m’expliquer ce résultat. Rien de visible sur la radio, mais je ne suis pas docteur. C’est donc en revenant a la guesthouse que je peux enfin faire traduire les 5 lignes de diagnostic en anglais, et apprendre que je n’ai rien de cassé.

Une radio a Bishkek: 400som, moins de 7 euros.

J’envoie les photos des radios à l’assurance, et les médecins me font à nouveau faire quelques manipulations pour vérifier qu’ils n’y a pas d’autres dégâts cachés dans les ligaments ou les tendons. En dehors du gonflement qui fait que je peux pas fermer le poing, tout va bien. La guérison est simple: il suffit d’attendre que ça dégonfle, ça va se faire tout seul.

samedi 24 aout

Je suis donc toujours a Bishkek, pour quelques jours de repos avant de repartir en direction de la Chine. Sauf que maintenant la date de fin de validité de mon visa chinois approche, et je ne vais pas avoir le temps de rejoindre la frontière à vélo depuis Bishkek avant qu’il n’expire. Je vais devoir rejoindre Osh en bus pour gagner une semaine et arriver en Chine dans les temps. Je compte partir demain dimanche pour la suite.

Le vélo de son coté va bien. Les conséquences de l’accident sont uniquement le rétroviseur cassé et la pédale de gauche un peu tordue. Comme il y a un bon magasin de vélo à Bishkek, j’ai pu acheter des remplaçants pour repartir a neuf. Et comme les pédales se vendent par 2, la droite a aussi eu droit a une mise a jour. A ce rythme la de casse/remplacement sur le vélo, c’est avec un vélo différent que je vais rentrer en France !

Au final plus de peur que de mal, surtout la période avant de savoir que je n’avais rien de cassé. Mais tout va bien, ma main a deja bien dégonflé, la cicatrisation est propre. Je sais maintenant dire traumatologie et radio en russe (травматология et ретген). Je sais que mon contrat d’assurance fonctionne bien, tout en espérant ne jamais avoir à m’en servir à nouveau. Meme si je ne vais pas me faire rembourser cette radio (je vais en avoir pour plus cher d’acheter une enveloppe, timbre et photocopies), ils ont été très réactifs, avec un suivi régulier pendant ces quelques jours, par téléphone et par email. Le fait de pouvoir avoir un avis médical au téléphone en ayant envoyé des photos et les radios par email fut vraiment rassurant.

En tout cas l’Asie Centrale ne me fait pas de cadeau, vivement la suite et la Chine !