61h de train

61h de train, 2 minibus (1h+2h), pour ralier Aktau a Bishkek.

résumé des épisodes précédents: Je suis a Aktau, complètement a l’ouest du Kazakhstan, avec mon vélo cassé. Il roule mais je dois le pousser. Je dois rejoindre Bishkek, capitale Kirguize, pour rejoindre les pièces de vélo commandées aux Pays Bas et livrées par DHL dans une guesthouse.

J’ai pu prendre mon billet 3 jours plus tôt a une agence de voyage en centre ville. Lors du choix de la classe, la madame de l’agence m’a d’abord propose le tarif en classe luxe, que j’ai décliné, indiquant que je preferais une classe en dessous. Le prix fut plus que divisé par 2. Du coup je n’ai aucune idée de ce qui m’attend, si je vais avoir une couchette ou juste un fauteuil pourri dans un wagon a bestiaux. 7000Тенге, un peu moins de 35euros pour faire près de 4000km.

Première étape, rejoindre la gare de la ville, située a une vingtaine de kilomètres du centre ville. Il n’y a pas de taxi officiels, mais tout le monde est un peu taxi dans le coin, ai-je lu sur le net. Il me reste a vérifier cette affirmation. Le train est a 20h30, je quitte mon hostel pourri de ces derniers jours en fin de matinée, toutes les sacoches sur le vélo, pour avoir le temps de faire la route a pied si le taxi/stop ne fonctionne pas. J’ecris le nom de la gare sur une feuille de papier (Mangulshak –  Мангнлшак), et me poste a un gros carrefour pres de la sortie de la ville. 5 minutes plus tard une voiture avec une famille s’arrete et me fais signe affirmativement qu’ils peuvent m’emmener a la gare. Mais euh … c’est une voiture classique, le coffre est deja occupé par 2 tabourets, vous êtes deja 3, vous êtes surs que ça va rentrer ? Le pere vire les tabourets et me fait signe de l’aider a porter mon vélo. On met tout simplement le cul du vélo avec toutes les sacoches dans le coffre, et l’avant dépasse salement. Ca fume, ça pétarade, mais ca démarre !

Arrive à la gare je demande combien je leur dois (bah oui, si tout le monde est un peu taxi, la moindre des choses est de participer aux frais d’essence). Leur prix est simplement d’une photo avec moi !

Bon bah du coup j’ai 7h d’avance pour prendre mon train …

2h avant l’heure du départ le train arrive en gare, et chacun vient poireauter devant son wagon. Pour ma part il faut que je trouve le bon interlocuteur pour faire monter mon velo a bord d’une façon ou d’une autre. Sur ce point les témoignages convergent tous sur le fait qu’un petit bakchich suffit a faire changer les avis.

 

Le contrôleur demande une somme énorme pour mettre le vélo dans le wagon a bagages (plusieurs fois le prix de mon billet de train). Il justifie la chose par le fait que son chef devra corrompre un officiel pour avoir un mystérieux tampon. Les autres passagers disent qu’il me demande trop, qu’il faut choyer un touriste pour ne pas donner une mauvaise image du pays, les voyageurs qui attendent devant mon wagon s’en mêlent. Le policier de la gare s’approche, me demande de démonter mon vélo et le met d’autorité  dans le wagon passagers, disant de ne pas payer. Cool ! Pendant le trajet un autre contrôleur tentera une approche différente, disant que j’ai trop de bagages, avec le vélo dans le wagon et toutes mes sacoches. Les voyageurs autour me font signe de mettre mes sacoches avec leurs bagages pour que mon volume de bagage soit raisonnable, déboutant la demande du contrôleur. Du coup au final je n’ai rien payé pour transporter le vélo.

Revenons au trajet. Finalement pas de wagon a bestiaux, mais un wagon couchettes sans compartiments, avec des couchettes qui se transforment en banquettes pendant la journée. Au début du trajet je suis un peu une bête curieuse, tout le monde m’a regardé démonter mon drôle de vélo et a compris que je ne parlais pas russe ni kazakh. Les gens me regardent et me devisagent. Puis peu a peu, d’abord mes voisins s’enquierent de ma situation, d’où je viens, comment je m’appelle, etc. Et a la fin du trajet tout le wagon connaît mon prénom (avec des prononciations très variables), d’où je viens et ou je vais, etc ..

La tradition veut que chacun partage ses vivres avec les voisins, pour ma part j’avais prévu des vivres pour quasiment tout le trajet, mais n’ai pas vraiment réussi a ce que mes voisins s’en serve. Au contraire on ne cesse de me proposer, un thé, de partager le repas,  un bout de melon, etc .. Je ressortirai du train avec encore 2 jours de vivres.

En bout de wagon une bouilloire est disponible, constamment remplie d’eau chaude, ce qui est très pratique pour le thé, mais aussi pour les nouilles chinoises et tous les plats instantanés vendus sur les quais par des mamas dans les gares ou nous nous arrêterons.

La bouilloire collective

 

Environ 2 fois par jour le train s’arrête une vingtaine de minutes pour changer de locomotives. Tout le monde en profite pour sortir s’aérer, et les quais sont remplis d’échoppes vendant de la nourriture de voyage (pour picnic ou plats instantanés, boissons fraîches, glaces, …) et de femmes vendant des fruits, du pain, ou des plats cuisinés chauds tous prêts dans des sacs plastiques. Je ne me suis pas risqué à tester les derniers, dont la fraîcheur peut être questionnable.

3 nuits et 2 jours. Depart a 20h25, arrivée a 10h32. Moins une heure de décalage horaire, le Kazakhstan étant sur 2 fuseaux horaires. 61h de train …

Faire la meilleure nuit possible dans ces conditions. Puis enchaîner avec une sieste. Dejeuner, lire un peu, puis regarder les mouches voler. Quelques vendeurs ambulants passent parfois, étant monté à une gare et descendant a la suivante. Selon les vendeurs : vetements, bijoux, téléphones, jouets pour enfants, nourriture (miam, les poissons séchés a 8h le second matin, ca donne vraiment envie d’en acheter pour le petit dejeuner … ou pas). Discuter avec les voisins, enfin, plutôt répondre a leurs questions. Re bouquiner, jusqu’à ce que mon kindle plante sans que je puisse le rallumer. Maintenant c’est bon j’ai pu regarder sur internet depuis Bishkek comment le dépanner, mais c’est forcement au plus mauvais moment que ca arrive. Re sieste. Bon bah puisque je ne peux pas bouquiner, écrire. méditer.  Manger.  Regarder le paysage. Passer le temps.

Les enfants sont étonnamment calmes. Bien sur parfois ça grimpe dans les couchettes, ou ça s’excite un peu. Mais au vu de la durée du trajet, je leur tire mon casque de vélo pour leur patience. Pas de cris, pleurs, ou autres comme dans certains trains français, ou j’ai maudit certaines familles de mon wagon. A la fin du 2eme jour les enfants m’ont apprivoisé. Le meilleur anglophone du wagon pour la première partie du trajet est un petit garçon de 8 ans, il est ensuite supplanté par un trentenaire monté dans le train au milieu. Du coup ce petit garçon aide la discussion entre les autres enfants et moi. On fera des tours de magie avec les cartes a jouer, et même un atelier pliage/origami le dernier matin, quand après que l’un d’entre eux m’ait montré son avion en papier, je lui ai fait un bateau.

Les toilettes sont comme les toilettes des trains en France. Propres au départ, plus vraiment a l’arrivée. Mieux vaut avoir prévu son PQ. Le petit lavabo permet de se rafraîchir, se laver les dents, etc ..

Pas de clim dans le wagon, mais une partie des fenêtres s’ouvre, ce qui fait un courant d’air salvateur et rafraîchissant. En milieu de journée tous les rideaux sont fermés pour se protéger de la chaleur. Il fait bien chaud, mais ce n’est pas non plus la boite de conserve en plein soleil.

Au final de belles rencontres, certes éphémères, mais quand même mémorables. Ca fait bizarre de se retrouver sur le quai de la gare avec mon vélo en pièces détachées et mes sacoches. Les gens restants dans mon wagon m’ont tous dit au revoir soit quand il descendais s’ils descendais avant moi, soit par la fenêtre lorsque le train est reparti.

Le train m’a amené a Lugavoy Луговой, a une centaine de kilomètres de la frontière kirghize, et continue vers Almaty, plus a l’Est au Kazakhstan. Je prends ensuite un minibus/taxi collectif jusqu’à la frontière, passe la frontière a pied en poussant mon velo chargé, puis un autre minibus jusqu’à la gare routière de Bishkek. De la, 5km a pied en poussant mon vélo jusqu’à la guest house ou mes pièces de vélo ont ete envoyées. Je suis bien content d’arriver en cette fin d’apres midi ! Parti mardi matin du centre ville d’Aktau, arrivé le vendredi après midi a Bishkek.

Au Kazakhstan

Bien que mon séjour kazakh ait été bien plus bref et différent de celui prévu au départ, j’ai quand même pu faire quelques observations que je vous livre en vrac, ou presque.

Au Kazakhstan, il y a du pétrole, et la répartition de ses bénéfices a l’air meilleure qu’en Azerbaïdjan. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de pauvres, je dirai plutôt qu’il existe ce qu.on pourrait appeler une vraie classe moyenne qui a les moyens de jouir de la société de grande consommation, et qui en profite bien. En Azerbaïdjan mon impression était plus de l’ordre d’un fosse entre riche et pauvres.

Au Kazakhstan, il n’y a pas beaucoup d’eau. Autour d’Aktau la totalité de l’eau vient d’eau de mer dessalinisee. Le réseau d’eau courante n’existe que dans les grandes villes et est dans un sale état a Aktau, livrant une eau non potable. Dans le reste du pays, chaque foyer ou collectivité se fait livrer l’eau par camion. Elle est ensuite stockée dans une grande cuve enterrée dans la cour, et on vient puiser dedans comme dans un puits. Il n’y a pas l’eau courante mais en revanche une majorité du pays est desservie en gaz de ville. Et bien sur qui dit pas d’eau dit pas de chasse d’eau, la cabane est au fond de la cour.

Au Kazakhstan, la marque (française ?) President (les produits laitiers) fait un carton et représente une bonne moitie du rayon fromage. Pas de camembert ou de fromage français mais des vache-qui-rit like et des pâtes liquides à tartiner a différents parfums. Egalement de la crème fraîche et des la chantilly mais tres cheres. La marque etait deja présente en Azerbaïdjan mais de façon moins généralisée. Avec néanmoins un magasin de marque en centre ville de Baku et un sponsoring de la table de fromages lors de la réception du 14 juillet de l’ambassade.

Au Kazakhstan, les smartphones samsung de dernière génération font également un malheur (Galaxy 4, Galaxy Notes, …). Apple a l’air absent de la course et le coréen en profite bien. Ca a l’air recent vu l’usage basique qui en est fait pour le moment (réseaux sociaux et communautaires, kikoo lol et c’est presque tout.). Parfois un peu d’usage d’outils pratique comme google translate pour discuter avec le francais qui a un velo bizarre.  Ca laisse la porte ouverte a un usage plus intense, intelligent, ou raisonné (je n’aime aucun de ces termes mais je ne trouve pas l’adéquat) a l’avenir. Il y a probablement un marché gigantesque a conquérir dans ce domaine (service public et administration, état des routes en temps réel en crowdsourcing, et toutes les petites applis bien pratiques de la vie de tous les jours ).

 Au Kazakhstan la tentation de demander un bakchich est encore bien implante. Mais n’a plus lieu d’être et chacun essaie de passer au travers. (un exemple dans le prochain article sur mon trajet en train).

Au Kazakhstan il y a 2 tres grandes villes (Astana et Almati), une grosse dizaine de moyennes villes (comme Aktau par exemple), et une multitude de petites villes et villages disséminés dans le pays. Et entre: rien. Les 2 tiers occidentaux du pays sont jaunes et désertiques, le tiers oriental est plus vert.

Au Kazakhstan les gens sont toujours très amicaux et prêts a rendre service, inviter, etc .. Je ne compte pas le nombre de choses qu’on a partagé avec moi pour les repas dans le train, toutes ces fois ou on m’a dépanné lors de mes soucis de vélo (trajets en stop par exemple). La conversation est limitée du fait de mon peu de maîtrise de la langue (d’où viens tu, ou vas tu, quel age as tu, es tu marrie, voyages tu seul, …), et souvent répétitive, mais toujours très amicale. 

Au Kazakhstan les origines sont très brassées, du fait des migrations forcées de l’époque soviétique. Les Kazakhs de souche ont les yeux plutôt bridés, moins que les orientaux, et la peau plus foncée. Les métissages avec les autres peuples du monde soviétique et des pays voisins donnent des résultats surprenants. Environ toutes les couleurs de peau du blanc pale au brun, également toutes les couleurs de cheveux, et toutes les formes d’yeux sont représentées. Toutes les combinaisons possibles sont présentes. Comme des blonds aux yeux bridés a la peau claire. Ou une peau brune et des yeux ronds. Et comme souvent, le métissage et le brassage massif des origines donne une population assez jolie.

Au Kazakhstan il vaut mieux éviter de mentionner Borat. C’est ce que conseillent les guides de voyage, car les Kazakhs sont un peuple très fier. Je m’y suis donc bien appliqué et pas une seule fois le sujet ne fut évoqué, même de leur part. Je m’attendais à des « Tu vois on est pas comme dans Borat », mais non, le sujet ne fut jamais abordé.

Le Kazakhstan est un pays musulman, même si la religion n’est pas très pratiquée. L’héritage soviétique fait que l’alcool coule a flots, mais on ne trouve pas de viande de porc, il y a des voiles de toutes les tailles (de pas de voile a la burka, en passant par le simple fichu, et toutes les variantes intermédiaires), la polygamie est autorisee, et la place de la femme est globalement a la maison. Le féminisme a encore du chemin a parcourir en Europe, mais ici le travail a faire est simplement titanesque.

D’autres chantiers qui attendent le pays seront les infrastructures et la sécurité routière, l’éducation, la place de la femme dans la société, une reforme de l’administration et de la bureaucratie, un nettoyage de la police/des habitudes de corruption systématiques de certains corps de métiers. Autant de chantiers dont ils n’ont pas vraiment conscience (enfin, si, ils sont en train d’asphalter les routes principales du pays), et qui sont loin d’être lancés

 

Un ennui n’arrive jamais seul

Alors que je viens d’avoir un nouveau boulon de pédalier, je peux repartir serein de chez Ket, pour atteindre dans la journée la ville suivant a une grosse soixantaine de kilomètres.

Alors que j’ai à peine parcouru 1km, un gros crack, du bruit et la roue arrière qui se bloque. C’est la patte de dérailleur qui vient de casser. La petite pièce qui relie le cadre au dérailleur. Du coup le dérailleur est parti lui même en sucette, venant s’emmêler avec la chaîne et la cassette. Bref, que du caca, là c’est bien la merde.

La patte de dérailleur est la pièce la moins standard sur un vélo. Il existe plus de 350 modèles différents.

patte de derailleur

patte de dérailleur (derailleur hanger in english)

Je commence par ouvrir la chaîne pour retirer le dérailleur, ainsi que quelques maillons de la chaîne pour avoir un vélo a une seule vitesse, mais l’accident a aussi tordu un bon paquet de maillons, et la chaîne n’arrête pas de sauter d’un pignon a un autre.

A ce point là j’ai besoin de changer pas mal de pièces sur le vélo. Une réparation de fortune ne fera pas l’affaire pour traverser le Kazakhstan. Je dois retourner à Aktau pour pouvoir envisager mes options, avec une connexion Internet, une gare a disposition, etc …

Je réussi tant bien que mal a parcourir les 10 km pour retourner sur la route principale a une moyenne de 7km/h, jusqu’à ce que la chaîne et les pignons abandonnent. Je suis maintenant l’heureux propriétaire d’un vélo que je dois pousser.

j’écris le nom de ma direction en cyrillique sur une feuille АКТАУ, et 30secondes plus tard un camion s’arrête. Il me déposera en bordure de la ville dans une zone industrielle, et m’arrangera même un trajet en lada 4×4 (avec le vélo et les bagages dans le coffre) vers le centre ville. Je prends une chambre dans l’hôtel (si on peut appeler ça comme ça) le moins cher de la ville, pour me poser et envisager mes options. J’y retrouve 5 cyclos anglais dont 4 deja rencontrés à Baku, arrivés la veille par le bateau et partant le lendemain dans la même direction que moi la veille, c’est sympa de croiser des têtes connues.

Pour couronner l’ensemble, c’est a ce moment  que la tourista frappe …. Bref, une journée qui avait bien commencé, par la solution a mon problème de pédalier, et qui s’est ensuite transformée en une belle journée de merde. Mais bon, j’ai un toit, un accès internet a 15min a pied pour voir ce que je peux envisager pour la suite.

Le magasin de vélo le plus proche est a Astana. 2600km. Et ce n’est absolument pas sur ma route. Et il est peu probable qu’il ait la patte de dérailleur qui va bien. Il aura la chaîne et le dérailleur, mais pas la patte.

Je peux les commander sur internet, mais le délai de livraison dans cette partie du monde (2 semaines annoncées, même en express) est il fiable ? Mon visa expire dans 3 semaines et demie. Me les faire expédier quelque part au Kazakhstan est quand même un pari, si je ne les reçois pas a temps je serai a nouveau dans de beaux draps.

Je prends donc la décision de me les faire expedier a Bishkek, Kirghizistan (Kyrghyzstan en anglais), et du coup de faire une croix sur le Kazakhstan, que je traverserai en train. Au Kirghizistan je peux rester 90jours sans visa. Il me faut maintenant une adresse a Bishkek pour envoyer tout ça.

L’ambassade (enfin, la secrétaire que j’ai eu au bout du fil), m’oppose une fin de non recevoir. Je tente ensuite les auberges de jeunesse, et reçois plusieurs réponses positives, je peux commander mes pièces de rechange (patte de dérailleur, dérailleur, chaîne, cassette, et boulons de pédalier) et les faire expédier a l’adresse de l’auberge, ils me les garderont le temps que j’arrive si le colis arrive avant moi.

Reste maintenant a rejoindre Bishkek БИШКЕК en train, ce qui devrait être une belle aventure en soit. Je suis décu de ne pas avoir vraiment pu traverser plus du Kazakhstan en vélo, c’était un trajet que j’attendais impatiemment, même en sachant que j’allais en chier suer, mais tant pis, c’est comme ça. Le Kirghizistan réserve d’autres merveilles (montagnes, nature, ..), et je profiterai du Kazakhstan en train.

A priori j’en ai pour au moins 5jours, probablement plus selon les correspondances, les trains kazakhs ont l’air assez sympa, donc ça devrait aussi être une partie plaisante du voyage.Je vous raconterai ca quand j’arriverai !

Et merde … et ouf !

Alors que je repars de chez Ket, ma pédale gauche se met à avoir un drôle de comportement, ca tourne voilé. Et pour cause, le boulon qui tient la manivelle est parti. Impossible de savoir ou. Je refais mon dernier km, avant chez Ket et depuis chez lui, introuvable.

Le boulon qui tient tout ça manque a l’appel

C’est la merde, il n’y a pas de magasin de vélo dans le coin, pas même a Aktau d’où je suis parti. Le filetage du boulon n’est pas standard, heureusement le boulon de l’autre coté est encore la, et permet de partir a la recherche d’un frère jumeau avec une copie de l’original.

Ket et un autre ami prennent les choses en main et m’emmènent en voiture essayer de trouver un remplaçant: garagiste et magasin de bricolage du coin n’ont que des boulons dont le filetage ne correspond absolument pas a ce que je cherche, ca ne rentrerai que provisoirement pour un nombre de km inconnu, en forçant et flinguant mon axe de pédalier. Pas la meilleure façon de partir traverser une partie de désert.

Et finalement un ami de Ket trouve la solution: appeler un ami tourneur-fraiseur pour le champ de pétrole local, qui, a l’aide du boulon jumeau, me réalise une copie parfaite. En rentrant auprès du vélo, on teste, ça frotte un peu sur les bords de la manivelle, mais pas du tout sur l’axe, le filetage est parfait, et tout rentre nickel !

Ouf, je peux repartir serein !

 

Désert Kazakh, premier jour

Première étape de désert, plutôt facile pour prendre ses marques, et ne pas prendre de risques: 80 km, une route goudronnée, avec une ville au départ et a l’arrivée, et donc supermarchés et eau.

Je prends mes précautions et augmente mes réserves d’eau pour partir avec 15litres, on se sait jamais.

5L d’eau supplémentaires en plus de mon outre de 10L

A seulement 20km du centre ville, alors qu’il y a encore des industries autour, je croise mes premiers dromadaires !! Youhou, des dromadaires !! Il y aura aussi sur la route des chevaux sauvage, mais je n’ai aucune idee de quoi ils se nourrissent.

La route est presque droite, on croise juste une large vallée, large d’une dizaine de 10, et profonde de 200m. Du coup, pour remonter sur le plateau de l’autre coté, une cote en plein désert ..

Le paysages est magnifique et ennuyeux a la fois. La température dépasse de peu les 40 degrés, ce qui reste raisonnable vu l’endroit. Les derniers 10km traversent un champ de petrole, c’est etrange de voir le materiel de si pres.

Arrivé a жетыбаи (Zhetbay), alors que je cherche un endroit pour prendre de l’eau et repere les campements possibles aux abords de la ville,  Ket (aucune idée de comment ça s’écrit, encore moins en cyrillique) me double en voiture et me fait signe. Il m’invite a boire un thé et manger chez lui. Au final je resterai dormir dans sa cour, et il me sera d’une très grande aide par la suite !! (voir l’article de demain).

En cargo de Baku à Aktau

Cet article, en dehors de raconter ma traversée, se veut un coup de main aux cyclotouristes qui comptent également faire ce chemin. A force de glaner les infos ça et la, j’ai rassemblé des infos assez complètes sur le fonctionnement de la traversée, au grand plaisir des autres cyclotouristes croisés a Baku. Pour la partie visas, je vous laisse consulter l’article poste par Benjamin et Anne.

Tout d’abord, ce n’est pas un ferry qui fait la liaison, mais des cargos qui font la liaison de fret, transportant des wagons ou des camions dans un sens ou dans l’autre. Ils tolèrent des passagers pour rentabiliser un peu plus le voyage, mais nous ne sommes clairement pas prioritaires.

De plus, les cargos n’ont absolument pas d’horaires. Ils arrivent quand ils arrivent et partent quand ils sont dechargés puis rechargés. S’il y a un cargo mais pas de fret, alors il n’y a pas de cargo. Si la cargaison transporte des produits chimiques, alors ils n’acceptent pas de passagers.

Il y a 2 ports a Baku, l’ancien et le nouveau, et un cargo peut partir de l’un comme de l’autre, ne pas se tromper en partant vers le port ! Chaque port a un bureau pour les tickets passagers (ticket office), dont les horaires d’ouverture sont mystérieux.

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baku-aktau

chargement de la carte - veuillez patienter...

entree du vieux port: 40.376178, 49.865083
old port ticket office: 40.374487, 49.865611
entree du nouveau port (Roro port): 40.369162, 49.935268
Ticket office nouveau port: 40.362832, 49.934423
Migration office Aktau: 43.382070, 51.107310
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entree du vieux port

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entree du nouveau port (Roro port)

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Ticket office nouveau port

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Migration office Aktau

Migration Office Aktau


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Afin de savoir quand il y a un cargo qui fait la traversée, l’idée est d’appeler chaque matin la dite Vika (Вика, en russe), qui parle anglais et qui est responsable des tickets passagers pour les 2 ports, mais qui n’est pas forcement dans les ticket office, pour ma part je ne l’ai jamais rencontrée. Mettre son numéro sur internet serait peut être une mauvaise idee (si elle change de numéro ça ne servira a rien). Je vais donc utiliser la bonne vieille ruse des départements français:

009-Val de Marne-Meuse-Drome-Hautes Pyrenees-Mayenne-Meurthe et Moselle

Pour les non francophones, vous pouvez me demander le numéro, mais le délai de réponse n’est pas garanti. Ou vous aider avec ca.

Il faut donc appeler Vika chaque matin, et lui demander si un cargo est prévu dans la journée. Ne pas oublier de préciser si vous avez un vélo, un véhicule ou autre. Et de demander de quel port le bateau part.

Le ticket coûte 90manats, le vélo est gratuit, la moto 20 de plus.

Et si un bateau est prévu, alors seulement vous pouvez venir acheter un ticket, dans le ticket office du bon port. Apres ca, la douane, l’attente du chargement du bateau, et enfin peut être vous pourrez monter a bord. Ou attendre encore un peu.

Une fois a bord, il faudra à nouveau faire preuve de beaucoup de patience. Le bateau ne partira pas forcement de suite. Si du mauvais temps est prévu, il attendra a l’ancre au large de Baku, que la météo soit plus clémente, avant de traverser la Caspienne (2 jours a 30 km de Baku dans mon cas). Idem, arrive au large d’Aktau, il faudra attendre qu’il y ait de la place au port pour pouvoir accoster. Puis que la douane inspecte le bateau, puis les passeports, avant de pouvoir descendre du bateau.

Beaucoup de patience au total, mais si on s’y attend, et qu’on a de quoi s’occuper, le trajet est plutôt agréable. Pour ma part beaucoup de lecture et de repos, un peu de couture .. Des français d’un voyage précédent ont décoré le sommier des lits superposés.

Ne pas oublier d’emmener de la nourriture pour le voyage, car les repas a bord ne sont absolument pas top. De la nourriture russe de marin, soupe, salade de haricots rouges, riz, pâtes, … pour un prix raisonnable (3manats) mais tout de même. Pas top.

Une fois débarqué a Aktau, douane et tout passés, ca y est, vous êtes au Kazakhstan. Le mieux est d’essayer de changer les manats azeri restant au port, car les banques ne les changent pas. Essayer de trouver des routiers qui attendent pour faire la traversée dans l’autre sens, et négocier le taux de change. Il y a un petit resto routier ou les chauffeurts tuent le temps au backgammon sur la droite avant la sortie du port. D’autres ont réussi a trouver un azeri en ville, mais il a pris une commission bien plus généreuse que celle des routiers.

L’étape suivante est de s’enregistrer a l’immigration (dans les 5 jours suivant l’entrée dans le pays) sous peine de devenir clandestin au Kazakhstan (au mieux une belle amende a la sortie du pays). Le bureau est situé en ville, et est ouvert en semaine aux horaires de bureau. On est sensé donner une adresse, mais donner le nom d’un hôtel suffit ici. Dans d’autres villes au Kazakhstan les officiers appelent l’hotel pour vérifier, pas ici. Si jamais c’était le cas, avoir un bobard de prêt.

Je suis venu directement a l’immigration avant d’aller a l’hôtel, j’avais réservé par email mais n’ai jamais reçu confirmation. par exemple.

Une fois que vous avez vos 2 tampons sur le formulaire, c’est tout bon, vous pouvez continuer vos aventures !

A Aktau, Kazakhstan

Quelques nouvelles rapides, je ne sais pas tellement quand je pourrais me connecter à internet.
Je suis arrivé ce début d’après midi (heure locale), à Aktau, au Kazakhstan, après avoir traversé la mer Caspienne en cargo. Je vous raconterai ca plus longuement.
J’irai m’enregister demain matin au bureau de l’immigration (oui oui, même sur un visa touriste c’est nécessaire ici) avant de partir à l’assaut de ce pays gigantesque.
Au programme, environ 3500km en direction du Kirghizistan. Passage par Aral (la ville, la mer s’est retirée bien loin), Baïkonour (malheureusement la visite du site spacial coûte une fortune), etc…
Le but du jeu ? En faire le plus possible en vélo, avant de finir en train pour passer la frontière avant la fin de validité du visa. Ou peut être que je prendrai le train au milieu si une étape s’annonce plus galère que les autres.
Le tout en partant le matin avant l’aube, pour rouler jusqu’en fin de matinée, puis repartir en fin d’aprem jusqu’au coucher du soleil, pour éviter de pédaler sous 50°c dans le désert.
Que du plaisir en perspective, ça va faire du bien de re rouler après presque 2 semaines de pause.

La publication des articles sur l’Azerbaïdjan continue pendant ce temps là